27 janvier 2009
Articles Le plan banlieue au secours de l'enseignement catholique?
Les grandes manoeuvres continuent : je viens de recevoir ça :
Articles Le plan banlieue au secours de l'enseignement catholique?
Alors que le gouvernement supprime des emplois par dizaines de milliers dans l’enseignement public, il aide l’enseignement catholique à s’installer dans des zones urbaines sensibles. Pendant ce temps, le plan "espoir banlieue" reste très loin de ses objectifs. L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) met en évidence "l'importance des retards accumulés, l'insuffisance des ressources budgétaires et l'impossibilité de tenir les promesses".
Dans le cadre du plan "espoir banlieue" doté cette année de 200 millions d’euros, une cinquantaine de classes relevant de l’enseignement catholique seront ouvertes cette année dans des zones sensibles les académies de Toulouse et Marseille en particulier. Deuxième annonce : un lycée privé Jean-Paul II devrait ouvrir à la rentrée prochaine dans une usine désaffectée d’un quartier de Sartrouville (Yvelines). Il pourrait accueillir 650 élèves.
Ces mesures contreviennent aux principes législatifs en vigueur car l’Etat organise, par un financement préalable d’investissement ou l’ouverture de classes du privé, la concurrence avec le service public dont il a la charge avec les collectivités locales. Le financement a priori d’établissements scolaires privés s’exonère des obligations inscrites dans la législation scolaire : les établissements privés doivent fonctionner cinq années avant d’obtenir un contrat avec l’Etat et répondre à "un besoin scolaire reconnu". Les lycées privés musulmans de Lille et Lyon sont ou ont été soumis à ces obligations. Pourquoi en serait-il autrement pour l’enseignement catholique en banlieue ?
L’enseignement catholique perd des élèves
Encore une fois, huit jours après les déclarations de l’enseignement privé laissant croire qu’il lui manquait 35 000 places à cette rentrée, on constate qu’il perd en fait 5200 élèves dans le premier degré alors que les écoles publiques en ont 8200 en plus. L’Etat cherche-t-il ici à enrayer ce manque à gagner ? Notons aussi que l’enseignement catholique, avec 17% des effectifs, possède près de 40 % des établissements. En Ile de France et à Paris, on compte 105 lycées privés pour 22 252 élèves alors que le public ne dispose que de 73 établissements pour 40 030 lycéens.
S’il veut en ouvrir en banlieue, l’enseignement catholique ne doit-il pas fermer des lycées dans Paris? Est-il juste de financer un patrimoine privé sur fonds publics, qui plus est en période de crise économique ? L’Ecole publique laïque n’est-elle plus le lieu du "Vivre ensemble" de la politique de la ville ?
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Rémi Jacquet
20 de plus!!!
salut à tous,
ce soir il y a 20 signatures au bas de la lettre
collective de résistance des enseignants de charente, via le stage
syndical de sud aujourd'hui et un passage à un appéro des écoles à
Soyaux.
IL FAUT CONTINUER!!!
jeudi à la manif, je mettrai le paquet, si d'autres veulent s'y coller avec moi, ça ne sera pas de refus!
j'essaierai de faire signer demain en conférence péda.
BONSOIR ET HASTA LA VICTORIA SIEMPRE!
MAUD
22 janvier 2009
Nuit des écoles en Janvier
1:Apéro des écoles demain soir le 13 janvier sur l'école Paul Bert à Cognac.
2: Apéro des écoles vendredi 30 janvier à l'école C-Freinet de St-Front à 18h30
3: Apéro des écoles à Cherves le vendredi 16
4 : Apéro des écoles le mardi 20 janvier à Crouin à la maternelle V Hugo
5: Apéro-débat organisé par l'association des parents le mardi 27 janvier 2009 A Chasseneuil-sur-Bonnieure.
6: 2ème réunion-débat sur l'avenir de l'école dans le Confolentais: mardi 20/01 à
20h30 à la Mairie de Lessac
7) Le lundi 19 AG secteur Cognac à l'école pablo picasso Chateaubernard bourg
8) Le mardi 27 janvier : école de Touvre de 18 à 20h
9) Le vendredi 6 février : quartier Victor Hugo Angoulême (écoles V. Hugo et A. de Vigny), heure et lieu à déterminer
10) le mardi 20 janvier : RPI Cellettes / Maine de Boixe à 19h00 à la garderie de Maine de Boixe
11) vendredi 6 février : quartier Victor Hugo Angoulême (écoles V. Hugo et A. de Vigny), heure et lieu à déterminer
D'autres actions : Soyaux Champ de Manœuvre organise le maintient de la vigilance : infos distribuées aux parents à la sorties des écoles, tracts aux carrefours stratégiques, avant-manif demain matin in-situ, pancartes conçues collectivement ..
21 janvier 2009
La douzième en Charente!!
Laubuge Annie Angoulême, le 16 janvier 2009
Adjointe
Ecole Ronsard
Angoulême
A Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
sous couvert de Monsieur l’Inspecteur de l’Education Nationale
Comme la très grande majorité de mes collègues, je m’interroge sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont proposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile de croire que toutes ces mesures sont prises dans l’intérêt des élèves.
La baisse du volume horaire de 26h à 24h, visant à répondre à la demande sociale de suppression de l’école le samedi matin, entraîne une concentration de l’effort scolaire des élèves sur quatre jours, ce que beaucoup d’entre eux ne peuvent fournir. Nous créons donc ainsi des inégalités inadmissibles. Celles-ci peuvent être compensées par des heures de soutien personnalisées, des stages de remédiation payés en heures supplémentaires ? Rien de tel pour stigmatiser des élèves qui auraient pu échapper à cette étiquette d’ « élèves en difficulté ».
Car nous ne parlons pas ici des élèves en grande difficulté pour lesquels de tels pansements ne servent à rien. Ceux-là, d’ailleurs, avec la suppression ou la sédentarisation des maîtres du RASED, seront les oubliés du système, mais pas de leur classe qu’ils sont capables de renverser. Ils ne sont pas rentables, coûteux. Mais combien coûteront-ils, plus tard, à l’adolescence, quand la société les aura écartés depuis la petite enfance ?
Que deviendront, d’ailleurs, tous les élèves si nous acceptons le changement de l’esprit des programmes, si nous appliquons des programmes basés sur l’application mécanique d’un savoir ? Ils seront adaptables, malléables, fidèles aux besoins de notre société libérale. Combien d’entre eux bénéficieront d’un lieu d’apprentissage citoyen véritable si l’école ne dispense que des « leçons de morale » ?
Que dire de notre rôle d’enseignant, partagé entre application, utilisation de manuels, évaluations… Que reste-t-il de notre liberté pédagogique ? Que penser des mesures visant à désolidariser le corps enseignants (stages payés en heures supplémentaires, primes réservées à certains…) ?
L’Education Nationale précarise ses employés. Est-ce sur ces bases d’insécurité que l’on veut apporter la confiance nécessaire à la construction de la personne à nos élèves?
Pour tous ces exemples de raisons, je m’engage à respecter les programmes de 2002 ( en refusant d’appliquer l’esprit des programmes de 2008) : à favoriser la construction de la pensée et à développer des apprentissages qui ne sont pas basés sur des automatismes.
Je m’engage à apprendre à lire, écrire et calculer à mes élèves pour qu’ils puissent analyser et comprendre le monde dans le respect des droits de tous.
Je m’engage à proposer les heures de soutien à tous les élèves.
Je m’engage à ne pas participer aux stages de remise à niveau et à ne pas communiquer de liste d’élèves pour ces stages.
Je m’engage à ne pas cautionner et à dénoncer le développement de la précarité dans l’Education Nationale.
Je considère l’Ecole Publique comme un élément stable de notre société, une référence, un point d’appui important pour des élèves et des familles de plus en plus déstructurés, déstabilisés par la société environnante, alors, sans refuser a priori les réformes, je m’élève contre les réformes qui entraînent l’Ecole Publique dans le tourbillon de la précarisation, de la rentabilité à tout prix…
Je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie,en mon profond attachement pour l’Ecole Publique et Laïque.
19 janvier 2009
Monsieur l'Inspecteur d'Académie...nos refusons
Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
Comme la très grande majorité de nos collègues, nous nous interrogeons sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont imposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile pour ne pas dire impossible de croire que toutes ces mesures sont prises dans l'intérêt de la scolarité des élèves.
La suite ici:Lettre_de_refus
La résistance collective porte ses fruits.
La résistance collective porte ses fruits.
Les 350 collègues résistants de Vendée ont fait reculer l'IA :
Les postes de Rased seront maintenus en Vendée. (voir plus bas).
Continuons, ensemble résistons!
Chers collègues,
Les Résistants charentais vous appellent à entrer à votre tour collectivement en résistance pédagogique et à en informer l’Inspection Académique jeudi 29 janvier à l’occasion de la journée de grève.
Nous sommes convaincus que cette action mobilisera nombreuses et nombreux d’entre vous qui êtes prêts à le faire en réaction aux mesures qui visent à démanteler le système éducatif français actuel.
Aujourd’hui, la résistance au niveau national rassemble environ 1250 désobéisseurs répartis sur 29 départements (voir carte en pièce jointe ou à consulter sur resistancepedagogique.blog4ever.com ).
En France, elle est portée notamment par 388 résistants dans l’Hérault, 233 en Gironde, 144 à Nantes… et plus de 600 signatures de Suspension d’Aide pédagogique en région parisienne.
Forte de cette adhésion croissante, elle peut enfin s’enthousiasmer du résultat obtenu en Vendée, où, 350 collègues entrés en Résistance ont obtenu que l’Inspecteur d’Académie leur présente les points suivants :
« - Le nombre d’enseignants annonçant la suspension est important. La compréhension des difficultés ressenties est nécessaire.
- Les démarches de convocations sont suspendues pour le moment.
- Les postes occupés à l’heure actuelle par des membres de RASED seront maintenus ainsi que leurs missions. Aucun enseignant spécialisé ne sera victime de fermeture.
- Les IEN devront se rendre dans les écoles où l’aide personnalisée est suspendue pour réfléchir avec chaque équipe à un dispositif d’ici à la fin de l’année scolaire et envisager l’année suivante.»
Au niveau de la Charente, nous comptabilisons à ce jour plus de 400 signatures de collègues, d’élus, de parents… de soutien à notre mouvement qui compte depuis hier 12 Résistants pédagogiques.
Votre entrée en Résistance permettra, comme celle de nombreux autres collègues dans le département et en France, d’aller négocier véritablement avec le Ministère de l’Education Nationale sur l’avenir de Notre Ecole.
Comment agir :
- Vous imprimez la lettre de désobéissance collective proposée ;
- Vous la modifiez, amendez en fonction des raisons qui motivent votre entrée en résistance ;
- Vous la retournez signée avec vos références (NOM, Prénom, fonction, école, ville, signature)
o Soit au plus tard avant le 24 janvier par la poste à Olivier GIBERT, La fontaine des Riffauds, cidex 122, 16600 Ruelle sur Touvre ;
o Soit vous l’apportez le 29 janvier à un Résistant charentais, nous les rassemblerons et les porterons, ce jour-là, à Monsieur l’Inspecteur d’Académie.
Remarque importante : si vous comptez réellement signer cette lettre de désobéissance, merci de répondre à ce message en nous indiquant combien vous êtes à le faire.
Cela nous permettra d’indiquer sur le site http://programmes2008.canalblog.com/, le nombre de signataires attendus et encouragera certainement ceux qui n’osent pas encore le faire.
Nous comptons sur vous.
Les résistants pédagogiques charentais.
18 janvier 2009
La résistance en Vendée porte ses fruits
Compte-rendu de l’audience avec l’Inspecteur d’Académie
Mercredi 14 janvier
L’Inspecteur
d’Académie a souhaité rencontrer les représentants du SNUipp 85 pour
évoquer la situation de l’aide personnalisée et la suspension déclarée
de plus 300 enseignants du département. Nous vous proposons un compte-rendu sans
commentaire (envoyé également ce jour dans un bulletin aux écoles et
aux collègues syndiqués). Le Conseil syndical départemental du SNUipp
se réunira mardi 20 janvier et nous proposerons une rencontre
intersyndicale en fin de semaine. La rencontre a duré 2 heures. Nous
avons, dans un premier temps, ré-exprimé l’ensemble des problématiques
posées par l’aide personnalisée (reprendre les différents écrits à ce
sujet) qui a engagé les enseignants à la suspendre. L’Inspecteur d’Académie a présenté les points suivants.
Le SNUipp 85 vous présentera son analyse dans un bulletin spécial. Pour le moment, nous vous invitons à poursuivre la suspension en vous adressant à l’IA sous couvert de votre IEN et en vous inscrivant sur le formulaire départemental ; 330 collègues l’ont d’ores et déjà fait (liste départementale). L’aide personnalisée est à considérer
dans l’ensemble des mesures actuelles : sédentarisation des RASED,
carte scolaire, maternelle... Mobilisons-nous le jeudi 29 janvier ! Le vendredi 16 janvier 2009, pour le SNUipp 85,
Le nombre d’enseignants annonçant la suspension est important. La compréhension des difficultés ressenties est nécessaire.
Les démarches de convocations sont suspendues pour le moment.
Les
postes occupés à l’heure actuelle par des membres de RASED seront
maintenus ainsi que leurs missions. Aucun enseignant spécialisé ne sera
victime de fermeture.
Les
IEN devront se rendre dans les écoles où l’aide personnalisée est
suspendue pour réfléchir avec chaque équipe à un dispositif d’ici à la
fin de l’année scolaire et envisager l’année suivante.
Le dispositif étudié devra se mettre en place après les vacances de février.
Des dérogations seront accordées par des organisations particulières si l’ensemble des partenaire est d’accord.
Jean-Jacques BOBIN
Pierre CAMINADE
Michio KURATA
Karine ROUSSEAU
Marie-Pierre TEXIER
12 janvier 2009
Ecole et idéologie*: un texte de Maurice Marteau
* Ecole et idéologie*
* *Deux idéologies complémentaires ou deux faces de la même?
Peu importe, elles conduisent au même résultat, la fin de l'école publique.
Celle qui a conduit aux décisions de Lisbonne signées par Chirac et Jospin à savoir l'école se doit d'être incluse dans le secteur marchand.
Celle qui en découle, elle doit donc être soumise à la concurrence et être organisée et managée comme toute entreprise.
D'où les mesures déjà prises et qui vont être prises:
- Soutien à l'école privée confessionnelle ou déjà marchande, art 89 entre autre.
Ensemble de mesures apparemment moins importantes:
- Modification des programmes qui ont comme vertus maintenant d'être plus près d'une conception mécaniste de l'enseignement ( utilisation des manuels, soutien fondé sur l'idée que le savoir se donne et que pour certains il faut simplement répéter) et dont les résultats seront plus facilement mesurables en permanence.
- Evaluations fréquentes et parcellaires.
- Paiement d'heures supplémentaires aux enseignants, ce qui les envoie dans la catégorie des travailleurs du commerce ou de l'industrie et les sort de celle des fonctionnaires payés par la nation pour une tâche globale.
- Paiement d'heures supplémentaires à ceux qui feront passer les évaluations ce qui symboliquement les détache d'eux-mêmes comme enseignants et détache l'évaluation de l'apprentissage.
- Mise en place d'un échelon hiérarchique intermédiaire entre l'enseignant et l'IEN, ce qui est lourd de sens. Jusque là, l'enseignant était maître de son travail et n'avait de compte à rendre qu'à un supérieur hiérarchique lointain qui devait lui faire confiance et venait l'évaluer à intervalles réguliers. A l'école maternelle et élémentaire il était titulaire dans une école précise et avait une classe dont il était responsable. Moralement il avait à répondre de son travail auprès des enfants, des parents et à l'EN en la personne de l'IEN. Tâche globale, responsabilité globale. Un homme, un professionnel, et un groupe d'enfants, une éducation. Du sens pouvait être donné au travail des uns et des autres. Sens dans le travail, sens dans la vie, sens de la vie.
Cette école n'a pas empêché le capitalisme de s'installer et de prospérer elle n'a pas fait des cohortes de révolutionnaires.
Mais cela ne suffit pas à ce qui est une pure idéologie, à savoir ce secteur ne doit pas échapper à la sphère libérale et au management qui lui est consubstantiel, et tout ceci pour améliorer le rendement. Rendement difficile à définir car n'est pas défini le produit fini. Peu importe il suffit de copier ce qui est l'idéal dans le monde de la production, à la mode, ce qui ne veut pas dire appliqué et surtout efficace.
Voir l'avis de la commission des affaires culturelles sur le budget 2009 :
« La* *Conviction du rapporteur est que l'effet chef d'établissement sur la réussite des élèves est une réalité, le pilotage de l'Education nationale doit se faire par la performance sur la base des objectifs fixés à l'enseignement primaire et secondaire public (dans le cadre de la LOLF). »
Il y a effectivement un effet « chef d'établissement » mais qui dit qu'il est positif?
« Si l'on veut que ces objectifs descendent jusque dans les cours de récréation, de nouvelles responsabilités doivent être confiées aux directeurs d'école et aux chefs d'établissement. L'octroi de ces nouvelles responsabilités doit aller de pair avec un renforcement des dispositifs d'évaluation des écoles et des établissements ainsi que des personnels qui les dirigent. »
« Il n'intervient ni dans l'évaluation, ni dans aucun acte de gestion des enseignants, lesquels relèvent de l'IEN. Ce défaut d'autorité des directeurs conduit à diminuer d'autant l'efficacité pédagogique d'une école. Le directeur peine à insuffler l'esprit collectif dont l'école primaire manque. »
Affirmation gratuite, les lieux où il y a des chefs d'établissements, les collèges par exemple, sont-ils des modèles de performance et d'esprit collectif, en particulier comment se fait-il qu'ils n'aient jamais réussi à faire fonctionner le collège unique au profit de tous?
« La formation dispensée à l'heure actuelle n'est pas en mesure d'apporter aux futurs directeurs une méthode de travail et un sens du /management/ qui leur permettra de maîtriser leurs multiples tâches. »
Voici enfin le /management/!
« Le rapporteur conclut que *la création d'un statut du directeur d'école ne suffira pas à améliorer les résultats des élèves s'il n'y pas parallèlement évolution du statut de l'école primaire et que le temps est venu pour l'école de bénéficier d'un statut d'autonomie identique à celui des EPLE du second degré.*
« Le rapporteur est convaincu qu'il faut une certaine taille critique pour mettre en place ce statut d'établissement. »
Le rapporteur est convaincu! On se demande bien par quoi! Cet avis n'est à aucun moment fondé. Aucune référence à des études quelconques, à une théorie, à une éthique.
« Quatre raisons structurelles militent en faveur de la création d'EPEP :
* L'organisation actuelle de l'école primaire pénalise son
efficacité, le nombre d'écoles étant beaucoup trop élevé (49 928
en 2007/2008) ;
* L'EPEP serait un extraordinaire facilitateur de la gestion des
emplois contractuels comme les EVS ;
* En liant le bénéfice du statut à la création des EPEP, une bonne
partie des directeurs d'école soutiendraient cette mise en place ;
* L'EPEP permettrait de réaffirmer la pérennité des écoles
maternelles dont on soupçonne régulièrement le démantèlement
prochain. »
Là encore affirmation gratuite, où est la démonstration que le nombre d'écoles pénalise leur efficacité alors que le laboratoire d'observation de l'école rurale affirme le contraire statistiques à l'appui. Nous retrouvons presque mot pour mot les affirmations du rapport Thélot de 2004 qui est dans la continuité des accords de Lisbonne alors que la gauche était au pouvoir.
Extrait rapport Thélot, à propos des réseaux :
« ...L'organisation de l'école primaire doit impérativement évoluer. Le
système éducatif peut-il encore garantir une offre éducative de qualité dans
des écoles aussi dispersées, petites (moins de cinq classes en moyenne) et
peu organisées (l'école primaire n'a ni statut autonome, ni budget, ni chef
d'établissement réellement responsable) ? »
(Dans quelle anarchie a vécu l’école depuis plus d’un siècle !)
« Pour ce faire, la Commission propose de transformer progressivement les
écoles et les réseaux d'écoles en établissements disposant d'un statut
propre, administrés sous l'autorité d'un conseil d'administration et dirigés
par un chef d'établissement responsable... »
Cette succession d'affirmations gratuites est bien la même qui préside à toutes les transformations sociales actuelles.
Les EPEP seraient un extraordinaire facilitateur de la gestion des AVS! Que voici une bonne raison!
« En liant le bénéfice du statut à la création des EPEP, une bonne partie des directeurs d'école soutiendraient cette mise en place . »
Ceux qui sont à vendre seront les meilleurs!
En quoi les EPEP seraient garants de l'école maternelle?
Nous voyons bien la cohérence de toutes les réformes : rencontre d'une volonté politique et de l'idéologie du management dont sont imprégnés tous les hauts fonctionnaires.
Nous savons déjà les dégâts de ces réformes dans le privé, à l'hôpital et dans tous les services : crise économique majeure, souffrance au travail, aliénation de plus en plus grande du monde du travail.
Jusque là l'école était épargnée, de par justement ses structures actuelles, des écoles de tailles diverses relativement autonomes qui ne pouvaient être incluses dans la structure pyramidale de la hiérarchie.
Si nous sommes conscients de cet aspect des réformes alors nous saurons contre quoi nous luttons : notre aliénation et celles de nos élèves.
06 janvier 2009
Le texte de soutien du GD16
Les praticiens de la Pédagogie Freinet et de la Pédagogie Institutionnelle n'ont cessé de travailler à l'amélioration de l'école publique, c'est la seule raison d'être de leurs regroupements et associations, la seule raison d’être des rencontres de travail et des stages qu’ils organisent.
Ils savent que l'efficacité de leur travail ne peut exister que dans la mesure où ils sont des éducateurs qui peuvent donner du sens à leur travail à l'intérieur de l'école publique.
Les mesures prises récemment par le ministre n'ont de sens que si on les réfère à une profonde modification de l'école publique et à sa disparition programmée comme école de la République :
- Financement des écoles confessionnelles, suppressions de deux heures de cours par semaine, mise en place d'un soutien inefficace et même dangereux.
- Création des EPEP qui ont pour seul but des économies de la part de l'état et la disparition des écoles de proximité au profit d'établissements qui, pour former des Hommes, n'auront plus rien d'humain.
- Transformation du travail des enseignants qui ne peuvent être que des sujets libres et responsables en travail de simple exécution parcellaire soumis à des contraintes connues dans le monde du travail hors de l'école au nom d'une conception idéologique déshumanisante. Evaluations fréquentes et inutiles, bureaucratie envahissante, injonctions paradoxales ( faire mieux avec moins d'heures de classe ).
Ils se refusent à cautionner cette disparition de l'école dans le silence et l'obéissance aveugle, leur engagement dans leur métier n'est pas dissociable d'un permanent travail de recherche et de résistance à la disparition de l'Ecole dans laquelle ils se sont engagés.
C'est pour toutes ces raisons qu'ils se déclarent solidaires de leurs collègues qui en toute responsabilité refusent d'obéir à ce qui est contraire à leur conscience. »
Pour signer ce texte de soutien: poster un commentaire avec vos nom, prénom et qualité.