Résistance Pédagogique 16

Un blog entièrement consacré à l'actualité de la lutte contre la mise à sac du service public d'éducation.

02 octobre 2009

Lettre ouverte au Président de la République

Lettre   ouverte au Président de la République

par   le Réseau des enseignants du primaire en résistance

lettre au format pdf

 

Le   Réseau national des enseignants du primaire en résistance dénonce   les sanctions injustes prises à l'encontre de certains   collègues traduits en commission disciplinaire. Ces sanctions pour   l'exemple sont indignes d'un pays qui prétend être une démocratie   et qui se targue d'être la patrie des Droits de l'Homme.

Nous   dénonçons le déplacement d'office d'Erwan Redon à Marseille et   toutes les sanctions pour délit d'opinion frappant les enseignants   en résistance. Nous déclarons aux plus hautes autorités de l'Etat   que nous n'acceptons plus les réformes idéologiques, inutiles   et néfastes qui sapent les fondements de l'école publique.

De   nombreux enseignants du primaire ont signé et continuent à signer,   en cette rentrée, la Charte de la résistance pédagogique afin de   préciser le sens de leur action et de leurs refus. Notre unique   motivation est la défense de « l’intérêt supérieur de   l´enfant » tel que défini dans la Convention Internationale   des Droits de l´Enfant et celle du service public d’éducation.

Sanctionner   l´un d´entre nous, de quelque manière que ce soit, c'est   méconnaître l'honnêteté de notre démarche, c’est afficher un   mépris incompréhensible et injustifiable pour les valeurs de   respect, de coopération et de liberté que nous nous sommes engagés   à servir.

Chaque   fois que nous le pourrons, nous inviterons les parents d'élèves et   les élus à revendiquer avec nous de vraies réformes de   transformation de l’école, au service du progrès de tous les   élèves.

 Nous sommes   entrés en résistance et y demeurerons tant que :

-   nos collègues sanctionnés ne seront pas réhabilités.

-   les postes d’enseignants spécialisés du RASED seront menacés et   supprimés.

-   la liberté pédagogique, inscrite dans la loi, ne sera pas respectée   dans les faits.

-   nos élèves seront fichés, alors que l’ONU demande des   explications à la France.

-   un   vrai débat démocratique ne sera pas organisé pour construire   l’école du XXIème siècle.

 

Veuillez   recevoir, monsieur le Président, l’expression de nos salutations   déterminées.



http://resistancepedagogique.org/site/

 

         Réseau   des enseignants du primaire en résistance

www.resistancepedagogique.org

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Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre

Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre

Une prise de position de l'ICEM qui ne peut que nous conforter voire nous réconforter.
À lire jusqu'au bout, une bonne claque à nos têtes de turcs en fin de mettre!!!.
Merci à Muriel et au CA de l'Icem.

Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre
Par Muriel Quoniam le 02/10/09 - 10:31
Dans :

Monsieur le Ministre,

 

Les réformes engagées depuis deux ans bouleversent considérablement l’école primaire. Ces bouleversements ne peuvent entraîner une efficacité accrue du système éducatif Français, comme en témoignent les nombreuses réactions de spécialistes de l’éducation, de scientifiques et d’anciens ministres de l’éducation Nationale. Cela inquiète une majorité d’organisations dévouées à l’enfance ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme. L’ONU par l’intermédiaire du Comité des experts aux Droits de l’enfant a interpellé la France sur sa mise en oeuvre de la Convention internationale des droits de l’enfant justifiant l’action des directeurs d’école qui refusent le fichage des enfants dans Base Elèves.

 

Un certain nombre d’enseignants ont choisi de résister à la dégradation du service public d’éducation. Ces professeurs des écoles ou directeurs, forts de leur conscience professionnelle et de leur investissement personnel dans leur travail, ont choisi d’être en accord avec leur conscience.

Que reprochent ces enseignants dits « désobéisseurs » à ces mesures ?

 

1. Elles ont été prises sans concertation ni consultation.

 

2. Les recherches des quarante dernières années sur l’enseignement et la pédagogie ont été complètement niées et même méprisées.

 

3. La réduction de vingt-six heures à vingt-quatre heures hebdomadaires n’était revendiquée par personne, ni les syndicats d’enseignants, ni les fédérations de parents d’élèves, ni les partis politiques. Au contraire, les chronobiologistes recommandent depuis longtemps un allégement du volume horaire quotidien mais pas du nombre de jours ! Les expériences de semaine à quatre jours menées depuis plus de dix ans n’ont jamais établi une amélioration de l’efficacité scolaire.

 

4. Les programmes 2008, plus lourds en ce qui concerne l’enseignement du français et des mathématiques (ce qu’on appelle « les fondamentaux»), réduisent la part de la recherche, de l’expression, de la création, pourtant universellement reconnues comme indispensables aux apprentissages. Des notions de français ou de mathématiques, qui avaient été écartées des programmes parce que jugées trop difficiles, sont de nouveau imposées, sans qu'il soit tenu compte du temps nécessaire à l’appropriation de ces savoirs.

 

5. Les programmes précédents (2002 puis 2007), à peine mis en place, n’ont fait l’objet d’aucune évaluation. Il est souvent reproché à l’école de ne pas suivre l’évolution de la société : avec ces réformes, l’école fait un bond en arrière de plusieurs décennies !

 

6. Les deux heures d’aide personnalisée et les stages de remise à niveau, qui sont accompagnés de la réduction et de la transformation des missions des enseignants des RASED, ne réduiront pas la difficulté scolaire. Les deux heures hebdomadaires d’enseignement supprimées pour tous manquent aux enfants fragiles, lents pour parfaire leurs apprentissages. Elles manquent aussi aux enseignants qui sont contraints de diminuer les horaires de pratiques indispensables à un développement harmonieux de chaque enfant.

 

7. Les évaluations nationales CM2 passées en janvier ne pouvaient en aucun cas permettre de déterminer les compétences acquises puisque certains item portaient sur des points du nouveau programme non encore travaillés par les enfants à cette date. Dans les évaluations de CE1, le texte principal proposé aux enfants pour de nombreux items de français était destiné, par l'éditeur lui-même, aux enfants de cycle 3.

Des enseignants qui ont résisté à l’application de ces mesures, tout en continuant d’effectuer leur travail suivant leur conviction et leur savoir-faire sont menacés de lourdes sanctions : retraits de salaire, retraits de fonction de direction, notes pédagogiques bloquées, avancements retardés voire rétrogradation, etc.

 

Pourtant d’autres collègues s’étaient élevés, durant ces dernières années, contre des réformes ou des programmes : M. Marc Le Bris, Mlle Rachel Boutonnet ont écrit des livres et se sont exprimés dans les médias pour fustiger la loi d’orientation de 1989, l’apprentissage de la lecture par le sens, refusant ouvertement d’appliquer les programmes. Ces enseignants ont été honorés récemment par le gouvernement :

invitation à l’Elysée pour l’un, décoration de l’Ordre National du Mérite pour un autre. Quel sens faut-il donner à une telle valorisation de la désobéissance lorsque nos collègues sont lourdement sanctionnés pour des actions similaires ?

 

Que faut-il penser ?

 

Ne laissez pas, Monsieur le Ministre, la France sans une éducation créative, ambitieuse, émancipatrice sous couvert de réduire les dépenses.

Ne laissez pas, Monsieur le Ministre, la France sans un corps enseignant capable de réflexion, d’inventivité, de réactivité sous couvert d’autoritarisme.

 

Pour toutes ces raisons qui attestent du sérieux et du professionnalisme de ces enseignants, nous vous prions, Monsieur le Ministre, de bien vouloir demander aux Inspecteurs d’Académie de cesser toute poursuite envers des enseignants et directeurs d’école qui oeuvrent pour la France et son avenir, dans le respect des droits de l’Homme et celui des Droits des Enfants.

 

Dans cette attente, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

 

Pour le Conseil d’Administration de l’ICEM,

La présidente, Muriel Quoniam

Le site de l'ICEM: http://www.icem-pedagogie-freinet.org/

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13 juillet 2009

Rencontre nationale des désobéisseurs à Marseille

Les enseignants en résistance pédagogique se sont retrouvés la semaine du 6 au 10 juillet, à Marseille, pour leur première rencontre nationale.

Les référents de la plupart des départements se sont réunis afin faire le bilan de cette année très mouvementée,  pour envisager la poursuite de la lutte engagée et surtout pour défendre les collègues que l'administration veut sanctionner pour l'exemple.
En effet, plus de 2800 enseignants en résistance pédagogique ont signé une lettre de désobéissance cette année, mais seulement quelques dizaines ont été sanctionnés et 4 "cas" sont particulièrement médiatisés.
J-Y Le Gall, directeur d'une école dans l'Isère résistant à Base élèves.
Bastien Cazals de l'Hérault résistant qui a écrit au président de la république et publié un livre "Je suis prof et je désobéïs".
Erwan Redon de Marseille désobéisseur et "refuseux" d'inspection.
Alain Réfalo de Colomier (31) premier à envoyer sa lettre de désobéissance à l'automne dernier et rejoint par plusieurs milliers d'enseignants en quelques mois.

Ces collègues risquent des sanctions allant de la rétrogradation à la révocation en passant par le déplacement et les sanctions financières qui vont avec.
Grâce à une défense efficace et une forte mobilisation, plus de 500 personnes à Marseille pour soutenir Erwan le 7 juillet et autant à Toulouse le 9 juillet pour soutenir Alain, les sanctions n'iront certainement pas jusqu'à la révocation.
Quand à Bastien Cazals et Cédric Serres , le Tribunal administratif de Montpellier a annulé leur retrait de 24 jours de salaire lors de l'audience du 10 juillet.

De nombreux autres collègues ont subit des pertes de salaire, mais pour l'instant les caisses de solidarité mises en place localement jouent leur rôle.

En ce qui concerne le mouvement de Résistance Pédagogique, les 2 journées de travail à Marseille ont permis de dessiner les contours de ce qui va devenir un lieu essentiel de débat, de résistance et de propositions pédagogiques.

Une charte sera rédigée pendant l'été, elle permettra à de très nombreux collègues d'adhérer à ce mouvement de résistance sans pour autant s'engager dans des actions de désobéissance plus radicales.
De très nombreux désobéisseurs continueront à visage découvert, mais la charte ouvrira grand la porte à ces dizaines de milliers de mécontents  qui, s'ils ne désobéissent pas, ne  se satisfont pas des réformes  récentes  qui tendent à préparer l'éducation  nationale pour  le grand marché de l'éducation.

Un nouveau site internet couplé à un forum sera aussi mis en place à la rentrée.

Du 25 au 27 août, se tiendra la première université d'été des Enseignants du Primaire en Résistance, à Montpellier.

Malgré les menaces et sanctions, la rentrée ne se fera pas sans nous, pour que l'école publique continue à être un lieu d'égalité républicaine et ne deviennent pas une un supermarché comme les autres.

S Goyer




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27 juin 2009

Le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale ont commis une faute humaine et professionnelle en sanctionnant les Profe

APPRECIATION DE LA SANCTION DEMANDEE PAR L'ADMINISTRATION DE L'EDUCATION NATIONALE POUR PUNIR Monsieur Erwan  REDON,
professeur des écoles “désobéisseur” et pédagogue proche des pédagogies actives (Freinet, Montessori, Gfen, icem, occe, etc.)

Hubert MONTAGNER, docteur ès-Sciences, psychophysiologiste dans le domaine du développement de l'enfant, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de recherche à l'INSERM, ancien Directeur de l'Unité de Recherche « Enfance Inadaptée » de l'INSERM

Monsieur Erwan REDON est convoqué le 7 juillet 2009 à MARSEILLE devant un conseil de discipline qui pourrait décider de le licencier. La raison invoquée par Madame Catherine PONSIN-COSTA, l'Inspectrice de la circonscription de Marseille 3, est qu'il n'a pas assuré pendant “le temps de midi” l'aide individualisée aux enfants en difficulté scolaire
“dans les conditions prévues par les textes et le projet de circonscription”. Elle précise que “la mise en place de l'aide  personnalisée” s'appuie sur “une méthodologie claire qui part de
l'identification des besoins des élèves” qu'elle qualifie de “diagnostic”. En conséquence, ”Il
n'y a pas lieu de substituer à cette démarche une quelconque animation, qui ne correspondrait pas aux attentes institutionnelles”. Elle annonce donc à Erwan  REDON qu'elle “ne valide pas du tout” son projet “d'Ateliers éducatifs du midi”, et lui demande de ne pas faillir à ses obligations de “répondre aux instructions officielles” tout en lui rappelant “l'attachement au service public d'éducation” qu'il a affirmé dans son précédent courrier (1).

Ayant eu le privilège d'effectuer le premier temps de ma scolarité dans une école publique à deux classes dans un village du Finistère, je suis moi-même très attaché au service public d'éducation. Cependant, après plus de trente ans de recherches sur le développement et les
équilibres biologiques et psychologiques de l'enfant dans ses différents lieux de vie, je suis également très attaché à la protection, la défense, le bien-être, la « bien traitance » et la réussite des enfants-élèves, quels que soient leurs particularités, leur(s) milieu(x) familial (aux) et social(aux), quelles que soient leurs origines ethniques. Contrairement à ce que Madame l'inspectrice PONSIN-COSTA affirme quand elle enjoint à Erwan REDON “de travailler selon une méthodologie claire qui part de l'identification des besoins des enfants”, l'aide personnalisée que le ministère de l'Education Nationale a imposée aux professeurs des écoles ne part pas de l'identification des besoins des enfants. Elle relève du tour de passe-passe ou du bricolage. En effet, en instituant sans concertation une semaine scolaire de quatre jours pour les enfants, et en obligeant ainsi les enseignants à faire en quatre jours ce
qu'ils faisaient en quatre jours et demi, le Ministre de l'Education Nationale a “institué” une contradiction formelle entre la durée du temps que les élèves doivent obligatoirement passer en classe (vingt-quatre heures par semaine sur quatre jours) et la durée du service obligatoire d'enseignement pour les Professeurs des écoles (vingt-six heures par semaine. Où est passée la vingt-septième heure lorsque le samedi matin était un temps scolarisé ?). Je ne crois pas que ce “décalage” aurait entraîné l'adhésion raisonnée de René DESCARTES auquel Madame l'inspectrice PONSIN-COSTA se réfère dans sa lettre à Erwan  REDON (voir
plus loin). En conséquence de la nouvelle mesure, les idéologues irresponsables du Ministère de l'Education Nationale ont décrété que, en plus de leurs vingt-quatre heures hebdomadaires “devant les élèves”, les maîtres devaient consacrer trente minutes par jour hors temps scolaire aux enfants en difficulté dans les apprentissages des “fondamentaux”, c'est-à-dire du français, du calcul et des mathématiques (deux heures par semaine). De toute évidence, ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir que les plus fragiles, vulnérables, démunis, anxieux, angoissés,
ayant des “troubles du comportement”, en souffrance à l'école et dans un milieu familial lui-même en souffrance ... sont intellectuellement saturés et insuffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles dans les trois créneaux parmi lesquels l'aide personnalisée doit être
organisée, en particulier au cours de la “pause méridienne” (voir plus loin pour les autres moments). Les idéologues “technocrates” du Ministère de l'Education Nationale justifient leur décision d'exiger des enseignants qu'ils consacrent les deux heures “flottantes” de la semaine à l'apprentissage des “fondamentaux”, en s'abritant derrière les évaluations (très discutables : voir la lettre jointe qui a été adressée à l'Inspecteur d'académie de la Vendée) qui ont été réalisées au plan national ou au plan international sur les écoliers français à la sortie de l'école élémentaire et/ou à l'entrée au collège. Leur niveau scolaire est en effet jugé moyen ou médiocre, et le pourcentage des enfants dits en échec scolaire serait élevé.

En exigeant qu'une demi-heure par jour soit obligatoirement consacrée à l'apprentissage des fondamentaux soit avant la classe, soit pendant la “pause méridienne” (c'est le cas de Erwan  REDON), soit après la classe, les idéologues “technocrates” ont aggravé la pression intellectuelle et relationnelle générée par la “nécessité” de faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi et par des “nouveaux programmes” délirants, impossibles à réaliser. C'est particulièrement évident pour les enfants qui ont des difficultés à comprendre et apprendre. C'est aveuglant pour ceux que l'on dit en échec scolaire et qui cumulent les difficultés personnelles, familiales et sociales. Prenons un exemple. Au cours préparatoire (la plupart des enfants sont alors âgés de six à sept ans), les professeurs des écoles sont dans l'obligation de consacrer tous les jours deux heures trente à l'apprentissage formel et explicite du français (vocabulaire, grammaire, syntaxe) et une heure quinze minutes à l'apprentissage formel et explicite du calcul et des mathématiques. C'est irréalisable. En outre, il faut donc ajouter trente minutes d'aide personnalisée à des moments où les enfants en difficulté ne peuvent pas se réaliser comme élèves, même s'ils font preuve de la meilleure volonté du monde et même si leurs maîtres sont les meilleurs pédagogues du monde. Il faut également ajouter la durée des devoirs à la maison et les autres contraintes temporelles pendant les temps scolaires, familiaux et sociaux. Je mets au défi le Ministre de l'Education Nationale (et le Président de la République) de démontrer qu'une telle organisation du temps journalier et une telle pression intellectuelle et relationnelle, stressante, anxiogène et angoissante, se traduisent par une amélioration des performances des enfants dans l'apprentissage des “fondamentaux”. Et, ce qui est plus grave, dans l'acquisition et la maîtrise du sens et de la signification de ce  qui est apparemment appris, y compris chez les bons élèves. Une telle pression intellectuelle et relationnelle a la plus forte probabilité de générer ou renforcer l'insécurité
affective, les peurs, blocages et/ou inhibitions, le désintérêt, la démotivation ou le “désamour” de l'école, et encore la perte de confiance en soi et dans autrui, la quasi-impossibilité de nourrir l'estime de soi. Le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale ont institué un
système qui s'apparente à une forme inédite de maltraitance.

Il est étonnant que, dans la lettre du 8 février 2009 qu'elle a adressée à Erwan REDON, Madame l'inspectrice Catherine PONSIN-COSTA lui conseille de lire “Le discours de la méthode de DESCARTES” et “Le contrat social de ROUSSEAU”. Faut-il conseiller à Madame l'inspectrice la lecture de l'excellent ouvrage du neurobiologiste américain DAMIANO “L'erreur de DESCARTES” dans lequel ce spécialiste mondialement reconnu relativise les processus cognitifs et explique pourquoi la rationalité affichée du cartésianisme ne peut pas rendre compte à lui seul, ou pas du tout, du fonctionnement du cerveau et des conduites humaines. Eh oui, les émotions, l'univers émotionnel et l'affectivité des personnes jouent évidemment et également un rôle dans la construction et la fonctionnalité des processus cognitifs, des apprentissages et des constructions intellectuelles. Par ailleurs, faut-il lui rappeler ou apprendre que Jean-Jacques ROUSSEAU avait abandonné ou laissé abandonner ses enfants aux Enfants-Trouvés ? Autrement dit, est-ce que Jean-Jacques ROUSSEAU est réellement la meilleure référence morale et philosophique pour un professeur des écoles, en l'occurrence Erwan REDON, dont la pédagogie est essentiellement fondée sur l'écoute, le dialogue, le respect des choix et de la parole de l'enfant, la liberté d'expression et l'humanisme, quelle que soit l'excellence de l'oeuvre de “l'écrivain-philosophe- théoricien” ?

Le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale ont commis une faute humaine et professionnelle en sanctionnant les Professeurs des écoles qui n'ont pas voulu se rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance des enfants-élèves que constitue l'ensemble des mesures qu'ils ont imposées, et en particulier en punissant Erwan  REDON lourdement et de façon disproportionnée. En effet, dans un projet intitulé “ateliers éducatifs du midi (14 mars 2009) tout à fait rationnel (merci René DESCARTES) et bien argumenté, il a demandé, dans le cadre de l'aide personnalisée, à organiser pendant “la pause méridienne” des situations qui permettent aux enfants accueillis à la cantine (et aux autres) de vivre un temps personnalisé qui les prépare à mieux se réaliser comme élèves au cours de l'après-midi. Il écrit en effet que “la philosophie de ce temps, est de permettre aux enfants les activités de détente, de repos, de calme, éducatives, artistiques, créatives…par un aménagement structurel le permettant.»(1). Erwan REDON a parfaitement raison. En effet, il apparaît ainsi soucieux de gommer les conséquences négatives d'un temps méridien qui se caractérise tous les jours, et de façon universelle, par une dépression de la vigilance corticale (globalement la vigilance du cerveau) ... et, à la cantine, par une ambiance bruyante, des impossibilités de communiquer et de dialoguer, des bousculade, des conflits stressants, des frustrations ... et donc forcément par une fatigabilité augmentée, par des déficits dans la réceptivité, la disponibilité et l'attention sélective. Par sa décision intelligente et responsable, Erwan REDON n'a pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par la mise en oeuvre de situations d'apprentissage personnalisées à l'un moments les plus défavorables pour apprendre les fondamentaux.

Mieux que quiconque, Erwan REDON et les professeurs des écoles qualifiés de “désobéisseurs” savent que, pendant le temps postprandial, le début de la matinée qui précède l'entrée en classe et le temps après la classe, les enfants en difficulté sont encore plus en difficulté qu'aux autres moments. La plupart sont alors plus fatigués et fatigables que les autres. On observe qu'ils sont de plus en plus stressés, de plus en plus “déconnectés” par rapport aux messages du maître, de moins en moins vigilants, réceptifs, disponibles et attentifs et de moins en moins motivés à mesure qu'ils avancent dans la journée. Dans les écoles des secteurs dits socialement sensibles, beaucoup sont épuisés et/ou enfermés dans leurs peurs, échecs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses ... surtout lorsqu'ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est lui-même en souffrance. Même s'il est variable, un nombre d'enfants-élèves non négligeable le sont déjà au début de l'après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l'observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou “perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs, disponibles et motivés tout au long de la journée scolaire pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser pleinement comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs. Tous ont envie de changer de « planète » à 16h.30. La très grande majorité des enseignants … également.

Le refus d'Erwan REDON et de ses collègues “désobéisseurs » d'enfermer pendant le temps méridien, avant la classe ou après la classe les élèves en difficulté dans des situations d'apprentissage formel qui vont aggraver leurs difficultés, est une prise de responsabilité humaniste et civique qui les honore. Elle montre la voie pour que les enfants en
difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés ... et finalement, au fil des jours, psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint auxquelles il faut ajouter la durée des devoirs à la maison ... interdits par un dizaine de circulaires du Ministères de l'Education Nationale et, désormais, la demi-heure d'aide personnalisée).

Les dégâts résultant de l'aide personnalisée nécessairement “enfermée” dans l'apprentissage des “fondamentaux”, viennent s'ajouter aux dégâts générés par l'accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d'une semaine ramenée arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n'y a plus de temps de décompression et de respiration au cours de la journée alors qu'il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer au moins un peu de leurs fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d'attention, de
concentration intellectuelle et de traitement de l'information. Il n'y a plus assez de temps pour que les enfants puissent jouer, libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que la richesse de leur imaginaire, pourtant évidentes lorsqu'il s'engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l'histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines, le théâtre, « la main à la pâte » ... Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d'apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, tous les enseignants le savent. Les professeurs des écoles ont donc raison de proposer l'un ou l'autre de ces champs de découverte, de plaisir et de motivation au cours de la demi-heure d'aide personnalisée, alors que leurs élèves sont «intellectuellement plus que saturés” .

C'est ce que propose Erwan REDON non seulement pendant la “pause méridienne”, mais également pendant les temps de classe “ordinaire” de 08h.30 à 11h.30 et de 13h.30 à 16h.30. Mais, de toute évidence, Monsieur ou Madame O. HOFFALT, la personne qui a rédigé “le compte-rendu de visite à la classe de Mr Erwan  REDON le vendredi 15 décembre 2006 (1),
ne peut pas, ne sait pas ou ne veut pas entendre que les savoirs et connaissances de tout ordre qui façonnent le fonctionnement du cerveau et organisent l'intelligence peuvent être acquis, maîtrisés et consolidés au moyen de démarches, situations, méthodes et techniques différentes de celles qui nourrissent le dogme des apprentissages en situation d'apprentissage formel et explicite. Et souvent plus efficacement et beaucoup mieux, surtout chez les enfants dits en échec scolaire, en tout cas ceux qui ont des difficultés à comprendre et apprendre. Il y a “trente six” façons d'apprendre et un nombre infini de situations qui permettent aux élèves de comprendre et d'apprendre, notamment lorsque la parole et les différents modes d'expression sont libérés. C'est ce qu'on observe clairement et plus généralement dans les classes dites FREINET, plus généralement celles qui pratiquent les «pédagogies actives » dont se réclame Erwan  REDON, en particulier celles des secteurs urbains dits socialement sensibles. Motivé et responsable, soucieux de la réussite scolaire et de la socialisation des enfants, Erwan REDON appelle logiquement à une “réflexion nationale” qui englobe les parents et les différents responsables du système éducatif. De toute évidence , Madame ou Monsieur O. HOFFALT ignore ce que peuvent apporter les « pédagogies actives » dans le façonnement des savoirs, connaissances et apprentissages des élèves de tout âge. Elle (ou il) “exécute” sans vergogne Erwan REDON sans avoir pris la peine de réfléchir à ce que peuvent recouvrir et signifier ses façons d'être, de faire et de penser. Est-on en train d'instruire un nouveau procès de Célestin FREINET ? L'Education Nationale a-t-elle décidé d'avoir dans son collimateur les maîtres qui pratiquent l'une ou l'autre des « pédagogies actives », ou s'en inspirent, et de les mettre au pas ? Il est choquant que, dans son rapport (1), Madame ou Monsieur O. HOFFALT tourne en dérision le travail de coloriage proposé par Erwan  REDON en le renvoyant à la technique du clair-obscur de REMBRANDT. Peut-on reprocher à ce professeur des écoles de ne pas prendre le grand maître comme référence ? Faut-il que les seules finalités et missions de l'école soient les apprentissages des fondamentaux, encore les apprentissages des fondamentaux et toujours les apprentissages des fondamentaux pendant la
majeure partie du temps scolaire ? Décidément, le projet du Ministre et de sa hiérarchie apparaît comme une volonté délibérée de formater les enfants-élèves afin de dégager ou préserver une élite à laquelle ils appartiennent. Où est l'école de la République ?

EN CONCLUSION,
en imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l'augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien “imposé” aux enfants en difficulté avant la classe, après la classe ou pendant la « pause méridienne », le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale déshumanisent l'école, créent les conditions d'une aggravation des inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d'enfants à s'enkyster dans “le désamour” pour l'école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale et la violence. Ce “système” aberrant stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles.
C'est une honte pour notre pays ... en principe l'un des berceaux des Droits de l'Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système” incohérent et délirant. On n'aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s'engager avec confiance dans le désir de comprendre et d'apprendre, faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d'accéder aux niveaux les plus élevés des savoirs et des connaissances. C'est ce que Erwan REDON a parfaitement compris.

Aucun pays au monde n'a institué une journée scolaire aussi pénalisante pour les enfants en difficulté dans le cadre d'une semaine qui n'en est pas une : deux jours scolaires (lundi et mardi), un jour non scolaire (mercredi : peut-on encore le justifier par la catéchèse, prévue le jeudi il y a trente ans ?), deux jours scolaires (jeudi et vendredi), et deux jours de week-end. Dans ce cadre, tout le monde sait que le lundi est un jour très perturbé et perturbant (beaucoup d'enfants sont somnolents, en tout cas non vigilants et/ou agités). Quelle illusion et/ou quel manque d'honnêteté de penser qu'une demi-heure supplémentaire d'aide personnalisée avant la classe, pendant la « pause méridienne » ou après la classe le lundi (et aussi les autres jours), puisse faciliter la maîtrise du français, du calcul et des mathématiques en situation d'apprentissage formel. Tous les enseignants savent que c'est une mission impossible. Les enseignants qui pratiquent une « pédagogie active » comme Erwan  REDON ont parfaitement compris l'intérêt des plages de liberté dans leur mission d'éducateur et de pédagogue, en particulier le lundi, jour de rupture dans les rythmes des enfants, des parents et des
enseignants.

Le tribunal incontournable de Histoire retiendra que le Ministre de l'Education Nationale (Monsieur Xavier DARCOS), ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d'exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation. Il n'y a jamais eu autant d'Inspecteurs d'Académie révoqués qu'en 2008-2009 alors que leur “'faute” a été d'entendre et d'essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants, notamment ceux que l'on dit « désobéisseurs ». Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu'il n'y a jamais eu autant d'enfants épuisés et déboussolés, et aussi d'enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. C'est ce que les directeurs de l'éducation des villes (l'ANDEV) ont confirmé au cours de la journée qu'ils ont organisée à REIMS le 18 juin 2009. Les lettres que les professeurs des écoles déboussolés adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour une consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes ... par les enfants, par leurs parents inquiets ou désespérés et par leurs maîtres... qui perdent confiance dans leurs compétences. Faut-il préciser que les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !

Il faut donc remercier les enseignants “désobéisseurs” comme Erwan REDON qui refusent la fatalité de l'échec scolaire et réfléchissent à une école refondée sur une nouvelle organisation des relations, des temps et des espaces pendant le temps scolaire mais aussi en dehors des temps familiaux et scolaires. Il faudrait les récompenser et non pas les punir.

J'espère que le “tribunal-conseil de discipline” qui va juger Erwan  REDON saura se ressaisir, reconnaître ses erreurs de jugement et retrouver un peu de dignité. De toute évidence, le Ministre et la hiérarchie de l'Education Nationale ont voulu faire un exemple pour mettre au pas les professeurs des écoles dont la seule faute a été et reste de réfléchir, et de ne pas être les complices de décisions et mesures politiques qui marginalisent un peu plus les enfants en difficulté ... et leur famille, tout en désespérant les maîtres.

Hubert MONTAGNER

(1) Sources :
site http://soutienerwanredon.org    Rubrique Historique ou le lien ci-dessous.
http://www.soutienerwanredon.org/index.php?option=com_content&task=view&id=20&Itemid=45

Eléments de bibliographie en langue française
H. MONTAGNER 1988 l'attachement, les débuts de la tendresse, Paris, Editions Odile Jacob (édité en livre de poche, dernière édition 2006).
H. MONTAGNER 1995 L'enfant acteur de son développement, Paris, Stock.
H.MONTAGNER 2002 L'enfant, la vraie question de l'école, Paris, Editions Odile Jacob.
H. MONTAGNER 2002 L'enfant et l'animal, Paris, Editions Odile Jacob.
H. MONTAGNER 2006 L'arbre enfant. Une nouvelle approche du développement de l'enfant, Paris, Editions Odile Jacob.

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24 mai 2009

Darcos à La Rochelle

Jeudi 21 mai, nous étions une centaine à manifester à La Rochelle sachant que darcos participait au congrès de la PEEP.

Impossible de l'aborder, des CRS partout, environ 1 pour 2 manifestants !

Et puis, sans raison, l'un d'eux utilise une bombe lacrymogène...La_Rochelle_2

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03 mai 2009

Hubert Montagner avec nous!!! et avec force.

Le message suivant a été envoyé à une enseignante de Bléré (elle fait partie des très peu nombreux "désobéisseurs" d'I et L), par M. Hubert Montagner, grand spécialiste des rythmes de l'enfant reconnu par tous et accessoirement ancien directeur du laboratoire de psychophysiologie à la fac des sciences de Besançon et ancien directeur de recherche de l'INSERM (... un genre de gauchiste révolutionnaire???????).

Pour la petite histoire, sachez que les "désobéisseurs" de Bléré vont être reçus à leur demande mercredi matin par M. Merlin...

Bonne rentrée à tous et toutes, et haut les coeurs !!!!!

Pascale


> Message du 03/05/09 12:05
> > De : "Hubert MONTAGNER"
> > A : ......
> >
> > Objet : Réponse de Hubert Montagner
> >
> >
> > >
> > Chère Madame,

> > Je vous remercie vivement pour votre courriel du 2 mai 2009.

> > Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu vous rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien obligatoire après la classe. C’est une prise de responsabilité humaniste et civique qui vous honore. Elle montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés ... et finalement psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint pour toutes les classes d’âges de l’école primaire).


>En effet, vous savez mieux que le Ministre et l’Inspecteur d’Académie les dégâts supplémentaires que constitue un soutien scolaire après la classe pour les enfants en difficulté, en particulier ceux que l’on enferme sous l’étiquette de l’échec scolaire. Ils viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la  pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une semaine ramené arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles.


>Il n’y a plus de temps de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer de leurs fatigues psychologiques et  intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que leur imaginaire lorsqu’il s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines ...


>Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent. Si on prend le cours préparatoire comme exemple, aucun enfant de six à sept ans ne peut accepter d’être au quotidien en situation de contrainte intellectuelle et relationnelle pendant deux heures trente minutes pour l’apprentissage du français (10 heures pour la semaine) et une heure quinze pour le calcul et les mathématiques (5 heures par semaine). Les Scandinaves sont horrifiés. A 16 heures, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses ...  surtout lorsqu’ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance. Ils le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou “perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de l’après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs.

> > En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien accordé après la classe aux enfants en difficultés, le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale déshumanisent l’école, accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d’enfants à s’enkyster dans “le désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale.


>Ce “système” aberrant et “concentrationnaire” stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles. C’est une honte pour notre pays ... en principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système”. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance dans le désir de comprendre et d’apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d’accéder aux différents niveaux des savoirs et des connaissances.

> > Le tribunal incontournable de Histoire retiendra que l’actuel Ministre de l’Education Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation. Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors que leur “faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants. Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu’ils adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes ... des enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres ... qui perdent confiance dans leurs compétences. Les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !

> > Par votre refus, vous sauvegardez la dignité de l’école. Merci.

> > Je suis prêt à vous défendre en tous lieux et devant quiconque, y compris devant les tribunaux si une action judiciaire devait être décidée.

> > Vous pouvez diffuser sans retenue tout ou partie du présent courriel.

> > Bien à vous
> > Hubert Montagner
> >

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01 mai 2009

Bernard Defrance à Cognac le 12 mai 2009

Bernard Defrance, professeur de philosophie à la retraite, engagé dans des actions de soutien actif auprès de ceux qui ne sont jamais ou peu entendu,   viendra à Cognac les 12  mai 2009. Le 12 au soir, il fera une intervention à la salle Fragonnard aux Récollets à Cognac à 20h30, ouverte à tous.

Son intervention partira de ces points qui sont liés : violence de la hiérarchie et des forces de l'ordre, disparition de la liberté pédagogique, marche rapide vers une privatisation de l'Ecole, sort réservé aux plus faibles pauvres, malades, fous, enfants etc.  Comment  s'appuyer sur le droit pour défendre une autre conception de l'humanité ?
Pour plus de renseignements, vous pouvez aller consulter son site en tapant  sur Google : Bernard de France

Un extrait qui le présente rapidement :

"J’ai enseigné les dix dernières années de ma carrière au lycée Maurice Utrillo de Stains : les élèves me demandaient souvent pourquoi, en fin de carrière, à mon âge ( !), j’enseignais en ce lieu banni, en cette banlieue, était-ce une « punition » ? J’expliquais alors que, depuis le début de ma carrière (en Berry, puis en Seine-et-Marne) j’en rêvais tous les ans de pouvoir enfin rejoindre ce département où je suis arrivé par mariage et donc aussi... par amour ! en 1969. « Traitre à la bourgeoisie versaillaise dont je viens par ma famille – expliquais-je à mes élèves – je connais de l’intérieur les ghettos de riches ! Vous croyez que je vais échanger vos richesses contre leur misère ? » Dans les mêmes classes, à Stains, le rêve du philosophe ! Juifs et arabes, serbes et croates, vietnamiens et malgaches, thaïlandais, congolais et maliens, indiens et pakistanais, turcs, kurdes et chaldéens, chrétiens évangélistes ou catholiques, mormons, musulmans, syriaques, boudhistes, animistes et... athées !, tous français ou presque ! et j’en oublie bien sûr (il nous manquait juste un peu de latinos-sud-américains !), et l’Europe de l’Est qui arrive aussi : tous ces enfants, adolescents et jeunes adultes qui apprennent à se découvrir, se connaître, se parler... Et la même diversité et richesse dans les quartiers populaires... Nous savons, ici, en Seine-Saint-Denis, ce que signifie vivre ensemble, nous savons qu’ici s’invente la civilisation du 21e siècle et la vraie mondialisation."

A la fois quelqu'un de très au fait en matière de droit et qui s'engage tous les jours sur le terrain...

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08 avril 2009

Lettre ouverte aux élus de la République

LES INSTITS «RÉSISTANTS» EN APPELLENT AUX ÉLUS
Dans le <Charente libre du 7 avril 2009 : http://www.charentelibre.com/article-11-les-instits-resistants-en-appellent-aux-elus.html?id_article=264693


07.04.2009

Sylviane CARIN


Il était déjà à l’origine du collectif des enseignants résistants au lendemain de la grève du 20 novembre. Sébastien Goyer, l’instituteur de Saint-Front, a repris la plume pour écrire aux élus de la République (maires, députés, sénateurs). La lettre a circulé sur le net et a été amendée par certains de ses confrères. Dans la petite école de Saint-Front qui fleure bon les expérimentations, ils sont deux enseignants ce soir-là à en parler.

Lui, Sébastien, la trentaine passée, conseiller municipal dans sa commune, ancien prof de boxe, huit ans de primaire et des cours en lycée agricole derrière lui. Elle, Pascale Protzenko, la quarantaine, vingt-sept ans de primaire et de maternelle derrière elle, aujourd’hui à la tête d’une moyenne et d’une grande section à Chasseneuil. Sébastien et Pascale ont la passion de leur métier. Ils ne sont pas contre les réformes.Ils plaident pour une meilleure formation des enfants. Défendent un rythme mieux adapté à leurs besoins.

N’acceptent pas la semaine de quatre jours et la surcharge des journées pour les écoliers en difficulté par le biais des deux heures hebdo flottantes. Ils s’indignent que «la France soit devenue le pays européen où le nombre de jours d’école est le plus faible: 139 contre 188 en Finlande». Ils refusent le «démantèlement» des réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté (Rased) et le retrait des postes de l’Éducation nationale détachés dans les associations éducatives (Fédération des Œuvres laïques, Pupilles de l’enseignement public...). Ils redoutent «deux réformes en préparation»: celle des jardins d’éveil qui pourraient se substituer aux maternelles et celle des Établissements publics d’enseignement primaire (Epep) qui condamnerait les petites écoles. «C’est une attaque en règle contre des choses qui n’existent pas», corrige Jean-Yves Bessol, l’inspecteur d’académie.



«On veut faire

notre boulot correctement»



Mais de tout ça, il est question dans le courrier adressé aux élus comme il en a été question tout au long de l’année. Le collectif, constitué de 2.610 membres en France dont 73 en Charente, est aussi à l’origine des nouvelles formes de contestation. Sur la Toile et sur le terrain avec les nuits des écoles notamment.

Près de la moitié d’entre eux sont des militants de la pédagogie Freinet. Très impliqués dans leur métier, ils dénoncent «les mensonges» de leur ministre. «Se sentent déconsidérés» selon Pascale Protzenko. Pour marquer leur résistance, ils disent ne pas appliquer les derniers programmes en date qu’ils jugent «passéistes». «On continue de travailler comme avant sur les bases du programme de 2002, réformé en 2007, qui met les enfants en situation de recherche. On ne passe pas d’une position d’acteur à une position de receveur», argumente Sébastien Goyer. «En maternelle, il est important qu’on les fasse manipuler plutôt que de leur donner des fiches», appuie Pascale Protzenko.

Ils savent aussi qu’ils ne sont pas les seuls à refuser les nouveaux textes. Eux le revendiquent ouvertement. Devant les médias. Devant l’administration qui les rappelle à l’ordre et à leur devoir de réserve. «J’aimerais qu’on revienne à plus de modération. Je ne peux pas entendre qu’on n’applique pas les programmes», commente Jean-Yves Bessol.

Opposés aux deux heures supplémentaires réservées aux seuls élèves en difficulté, ils adaptent cette aide personnalisée à leur manière. Sébastien prend la moitié de la classe une quinzaine de mercredis par an. Pascale propose des activités «ensemble ou par petits groupes à géométrie variable».

«L’apprentissage se fait mieux en milieu hétérogène. Ce n’est pas en isolant certains enfants qu’on avance», affirme l’institutrice. Avancer, c’est leur souhait. «Ce qui est proposé aujourd’hui n’empêche pas aux élèves d’avancer», tempère l’inspecteur d’académie.

Pas révolutionnaires, juste «désobéisseurs» comme le dit Sébastien ou «évolueurs» comme préfère Pascale. Ils ouvrent la porte à ceux qui ne vont pas vers les syndicats même s’ils reconnaissent qu’il faut une représentation syndicale pour la négociation. «On veut faire notre boulot correctement», répètent-ils comme ultime plaidoyer à leur combat.

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05 avril 2009

Lettre ouverte aux élus de la République

Lettre ouverte aux élus de la république.

Mesdames et messieurs les maires
Mesdames et messieurs les députés
Mesdames et messieurs les sénateurs,

La réforme de l’école publique primaire avance à marche forcée.
Après les suppressions de postes (-25000 en deux ans) répondant au dogme du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, le gouvernement va entamer la réforme du statut même de nos écoles.

Mais revenons un instant sur la liste des changements déjà engagés
.
Des programmes fortement teintés d’idéologie passéiste, rejetés majoritairement par la profession et les plus éminents pédagogues.
Des évaluations nationales cachant mal une volonté de mise en concurrence des écoles.
Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Enfants en Difficulté (RASED), démantelés.
La suppression de 2 heures de classe par semaine pour l’ensemble des élèves.
La surcharge des journées de classe pour les élèves repérés en difficulté, par la mise en place d’un temps d’enseignement hors temps scolaire.
Des associations complémentaires de l’éducation nationale mises en grave difficulté financière.
Le renforcement du financement public des écoles privées : « l’article 89 » même amendé, contraindra dans la majorité des cas, les communes à financer des écoles privées en dehors de leur territoire.

Intéressons-nous maintenant, à 2 réformes en préparation :  celles qui vont relever directement de la gestion des communes (Jardins  d’éveil et EPEP)

Les jardins d’éveil et les Établissements Publics d’ Enseignement Primaire (EPEP)
sont deux réformes majeures qui vont profondément modifier la forme, le rôle, la répartition et le financement de l’école publique.
Dans ces 2 réformes, l’implication des communes en matière de responsabilité et de financement sera déterminante.

Les jardins d’éveil :

Michèle Tabarot, chargée de la préparation d’un rapport sur le sujet :
« Je propose donc de confier aux communes et intercommunalités une compétence facultative en matière de développement de l’offre de garde et la responsabilité de l’accueil de la petite enfance »…
Ce mode d’accueil inclurait une participation financière des familles. …
Le coût unitaire par enfant a été estimé à 6 200 € …
L’accès au jardin d’éveil dès deux ans pourrait devenir, à terme, possible pour la quasi-totalité des enfants âgés de 2 ans, y compris les enfants handicapés. Ce mode de garde innovant est une alternative de qualité à l’école maternelle, qui devrait constituer une première étape de la mise en œuvre du droit de garde.

Le rapport « Thélot » est très éclairant à ce sujet :
« Le Rapport Thélot souhaitait introduire la scolarité obligatoire à partir de 5 ans et que ces enfants soient rattachés au cycle II.
Par ailleurs, M Théot a affirmé en février 2004 que, dans un avenir proche, les postes d’enseignants seraient payés par les communautés de communes. Si les communes doivent un jour payer les enseignants, l’école maternelle n’existera plus que dans les communes riches et/ou dans celles qui y croient vraiment. »

Non seulement la création des jardins d’éveil aura inévitablement des conséquences sur le budget des communes, mais à terme, c’est le maintien des classes maternelles qui sera remis en question.

Les EPEP :

Préconisé dans le rapport Thélot, repris dans les rapports Camdessus et Attali, le projet de regroupement des écoles primaires dans des structures plus vastes, devrait être discuté au printemps à l’Assemblée et au Sénat.
Selon la proposition de loi qui sera présentée, des Epep constitués de minimum 15 classes seront et pourront être créés. Ils seront administrés par un Conseil d’administration se substituant aux conseils d’écoles actuels, et dirigés par un directeur nommé par l’inspecteur d’académie.

Ce qui n’est pas dit dans la proposition de loi c’est l’impact des Epep sur le nombre et la répartition des écoles primaires sur notre territoire.
Le nombre de classes conservées après la première année de fonctionnement dépendra du seuil de fermeture. Bien entendu, les classes isolées ou les écoles à 2 classes seront les premières touchées par ces fermetures.
Est-ce souhaitable en terme d’offre de service public  et d’aménagement du territoire ?
Est-il raisonnable de concentrer les élèves dans des écoles plus grandes avec des classes plus chargées ?
Certains (des inspecteurs d’Académie entre autres) n’hésiteront pas à vous affirmer que les petites écoles isolées, avec souvent des classes multi-niveaux sont moins « performantes » que les autres.
C’est oublier un peu vite que des études récentes prouvent le contraire :
( rapport de Mme Françoise Oeuvrard (Direction Evaluation et Prospective du Ministère de l’Education Nationale) et le rapport Ferrier (Inspection Générale de l’Education nationale), corroboré par le rapport Leroy-Audoin (Institut de Recherches sur l’Economie de l’Education)):

Nous savons que, comme nous, vous vous souciez des élèves qui sont confiés à l’école de la République et notamment de ceux qui se trouvent en difficulté dans les apprentissages .
Nous pensons qu’à travers l’ensemble de ces réformes se profile une dérive certaine vers un désengagement de l’État de l’organisation du système scolaire public.
Nous pensons que le principe essentiel de l’égalité républicaine est gravement remis en question.
Nous pensons aussi qu’il est de votre droit et de votre devoir de vous saisir de ces réformes avant qu’elles ne vous soient imposées, quand d’autres comme la taxe professionnelle par exemple, se profilent en parallèle.
Nous souhaitons des réformes dont l’objet soit vraiment au service des enfants et non celles-ci qui sont principalement guidées par des arbitrages budgétaires.

Il nous paraît fondamental aujourd’hui, que se rejoignent les élus, les parents d’élèves et les enseignants, dans des actions communes d’opposition à cette destruction programmée de notre système éducatif. D’ailleurs, une majorité des enseignants et des parents, lorsqu’ils sont informés, n’approuvent pas ces différentes réformes et tentent de les combattre. Dans ce même esprit, certains enseignants ont choisi en conscience, la désobéissance pédagogique, s’exposant ainsi à des sanctions, dans le souci de conserver une école Républicaine.

Enfin, c’est parce que demain le PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946 « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État » ne sera plus respecté ; et parce que nous savons que vous allez être confrontés à des décisions touchant à la réorganisation du système éducatif primaire, que nous vous adressons cette lettre ouverte.

COLLECTIF DES ENSEIGNANTS EN RESISTANCE
fédérés en réseau par le blog « Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école »
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html

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12 mars 2009

Les enseignants plus résistants que jamais

SUD OUEST : ANGOULÊME. Les résistants pédagogiques ont manifesté hier

Les enseignants plus résistants que jamais


 

Une cinquantaine de personnes ont soutenu, hier, le mouvement de résistance. (photo isabelle LOUVIER)

« Ce soir, nous devrions être 50 enseignants à s'être déclarés résistants auprès de l'inspecteur d'académie. Nous sommes 2 200 au niveau national. »

Olivier Gibert, porte-parole de ce mouvement, a animé, hier après midi, la manifestation organisée devant l'inspection d'académie à Angoulême. Et a rappelé que ces enseignants, principalement du premier degré, refusaient d'appliquer les nouvelles directives « dont l'objectif est d'arriver, à terme, au démantèlement du service public de l'Éducation nationale comme c'est le cas dans le domaine de la santé ou de la justice. »

Les résistants appellent les parents, les élus, les syndicats, les associations à les rejoindre.

Les faits du jour en région Charente Libre
UNE QUARANTAINE D'ENSEIGNANTS MANIFESTENT LEUR RÉSISTANCE

12.03.2009

Ils étaient une quarantaine d'enseignants à manifester leur désobéissance au ministre de l'Education nationale et à ses réformes hier soir devant l'Inspection académique de la Charente à Angoulême (• photo Phil Messelet). Ils ont accroché leur banderole aux grilles de la cité administrative avant de remettre une nouvelle liste de plusieurs dizaines de résistants pédagogiques à l'inspecteur d'académie.

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