02 octobre 2009
Lettre ouverte au Président de la République
Lettre ouverte au Président de la République
par
le Réseau des enseignants du primaire en résistance
Le Réseau national des enseignants du primaire en résistance dénonce les sanctions injustes prises à l'encontre de certains collègues traduits en commission disciplinaire. Ces sanctions pour l'exemple sont indignes d'un pays qui prétend être une démocratie et qui se targue d'être la patrie des Droits de l'Homme.
Nous dénonçons le déplacement d'office d'Erwan Redon à Marseille et toutes les sanctions pour délit d'opinion frappant les enseignants en résistance. Nous déclarons aux plus hautes autorités de l'Etat que nous n'acceptons plus les réformes idéologiques, inutiles et néfastes qui sapent les fondements de l'école publique.
De nombreux enseignants du primaire ont signé et continuent à signer, en cette rentrée, la Charte de la résistance pédagogique afin de préciser le sens de leur action et de leurs refus. Notre unique motivation est la défense de « l’intérêt supérieur de l´enfant » tel que défini dans la Convention Internationale des Droits de l´Enfant et celle du service public d’éducation.
Sanctionner l´un d´entre nous, de quelque manière que ce soit, c'est méconnaître l'honnêteté de notre démarche, c’est afficher un mépris incompréhensible et injustifiable pour les valeurs de respect, de coopération et de liberté que nous nous sommes engagés à servir.
Chaque fois que nous le pourrons, nous inviterons les parents d'élèves et les élus à revendiquer avec nous de vraies réformes de transformation de l’école, au service du progrès de tous les élèves.
Nous sommes entrés en résistance et y demeurerons tant que :
- nos collègues sanctionnés ne seront pas réhabilités.
- les postes d’enseignants spécialisés du RASED seront menacés et supprimés.
- la liberté pédagogique, inscrite dans la loi, ne sera pas respectée dans les faits.
- nos élèves seront fichés, alors que l’ONU demande des explications à la France.
- un vrai débat démocratique ne sera pas organisé pour construire l’école du XXIème siècle.
Veuillez recevoir, monsieur le Président, l’expression de nos salutations déterminées.
http://resistancepedagogique.org/site/
Réseau des enseignants du primaire en résistance
Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre
Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre
Une prise de position de l'ICEM qui ne peut que nous conforter voire nous réconforter.
À lire jusqu'au bout, une bonne claque à nos têtes de turcs en fin de mettre!!!.
Merci à Muriel et au CA de l'Icem.
Enseignants sanctionnés : Courrier de l'ICEM au ministre
Par Muriel Quoniam le 02/10/09 - 10:31
Dans :
Monsieur le Ministre,
Les réformes engagées depuis deux ans bouleversent considérablement l’école primaire. Ces bouleversements ne peuvent entraîner une efficacité accrue du système éducatif Français, comme en témoignent les nombreuses réactions de spécialistes de l’éducation, de scientifiques et d’anciens ministres de l’éducation Nationale. Cela inquiète une majorité d’organisations dévouées à l’enfance ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme. L’ONU par l’intermédiaire du Comité des experts aux Droits de l’enfant a interpellé la France sur sa mise en oeuvre de la Convention internationale des droits de l’enfant justifiant l’action des directeurs d’école qui refusent le fichage des enfants dans Base Elèves.
Un certain nombre d’enseignants ont choisi de résister à la dégradation du service public d’éducation. Ces professeurs des écoles ou directeurs, forts de leur conscience professionnelle et de leur investissement personnel dans leur travail, ont choisi d’être en accord avec leur conscience.
Que reprochent ces enseignants dits « désobéisseurs » à ces mesures ?
1. Elles ont été prises sans concertation ni consultation.
2. Les recherches des quarante dernières années sur l’enseignement et la pédagogie ont été complètement niées et même méprisées.
3. La réduction de vingt-six heures à vingt-quatre heures hebdomadaires n’était revendiquée par personne, ni les syndicats d’enseignants, ni les fédérations de parents d’élèves, ni les partis politiques. Au contraire, les chronobiologistes recommandent depuis longtemps un allégement du volume horaire quotidien mais pas du nombre de jours ! Les expériences de semaine à quatre jours menées depuis plus de dix ans n’ont jamais établi une amélioration de l’efficacité scolaire.
4. Les programmes 2008, plus lourds en ce qui concerne l’enseignement du français et des mathématiques (ce qu’on appelle « les fondamentaux»), réduisent la part de la recherche, de l’expression, de la création, pourtant universellement reconnues comme indispensables aux apprentissages. Des notions de français ou de mathématiques, qui avaient été écartées des programmes parce que jugées trop difficiles, sont de nouveau imposées, sans qu'il soit tenu compte du temps nécessaire à l’appropriation de ces savoirs.
5. Les programmes précédents (2002 puis 2007), à peine mis en place, n’ont fait l’objet d’aucune évaluation. Il est souvent reproché à l’école de ne pas suivre l’évolution de la société : avec ces réformes, l’école fait un bond en arrière de plusieurs décennies !
6. Les deux heures d’aide personnalisée et les stages de remise à niveau, qui sont accompagnés de la réduction et de la transformation des missions des enseignants des RASED, ne réduiront pas la difficulté scolaire. Les deux heures hebdomadaires d’enseignement supprimées pour tous manquent aux enfants fragiles, lents pour parfaire leurs apprentissages. Elles manquent aussi aux enseignants qui sont contraints de diminuer les horaires de pratiques indispensables à un développement harmonieux de chaque enfant.
7. Les évaluations nationales CM2 passées en janvier ne pouvaient en aucun cas permettre de déterminer les compétences acquises puisque certains item portaient sur des points du nouveau programme non encore travaillés par les enfants à cette date. Dans les évaluations de CE1, le texte principal proposé aux enfants pour de nombreux items de français était destiné, par l'éditeur lui-même, aux enfants de cycle 3.
Des enseignants qui ont résisté à l’application de ces mesures, tout en continuant d’effectuer leur travail suivant leur conviction et leur savoir-faire sont menacés de lourdes sanctions : retraits de salaire, retraits de fonction de direction, notes pédagogiques bloquées, avancements retardés voire rétrogradation, etc.
Pourtant d’autres collègues s’étaient élevés, durant ces dernières années, contre des réformes ou des programmes : M. Marc Le Bris, Mlle Rachel Boutonnet ont écrit des livres et se sont exprimés dans les médias pour fustiger la loi d’orientation de 1989, l’apprentissage de la lecture par le sens, refusant ouvertement d’appliquer les programmes. Ces enseignants ont été honorés récemment par le gouvernement :
invitation à l’Elysée pour l’un, décoration de l’Ordre National du Mérite pour un autre. Quel sens faut-il donner à une telle valorisation de la désobéissance lorsque nos collègues sont lourdement sanctionnés pour des actions similaires ?
Que faut-il penser ?
Ne laissez pas, Monsieur le Ministre, la France sans une éducation créative, ambitieuse, émancipatrice sous couvert de réduire les dépenses.
Ne laissez pas, Monsieur le Ministre, la France sans un corps enseignant capable de réflexion, d’inventivité, de réactivité sous couvert d’autoritarisme.
Pour toutes ces raisons qui attestent du sérieux et du professionnalisme de ces enseignants, nous vous prions, Monsieur le Ministre, de bien vouloir demander aux Inspecteurs d’Académie de cesser toute poursuite envers des enseignants et directeurs d’école qui oeuvrent pour la France et son avenir, dans le respect des droits de l’Homme et celui des Droits des Enfants.
Dans cette attente, nous vous adressons, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.
Pour le Conseil d’Administration de l’ICEM,
La présidente, Muriel Quoniam
Le site de l'ICEM: http://www.icem-pedagogie-freinet.org/
13 juillet 2009
Rencontre nationale des désobéisseurs à Marseille
Les enseignants en résistance pédagogique se sont retrouvés la semaine du 6 au 10 juillet, à Marseille, pour leur première rencontre nationale.
Les référents de la plupart des départements se sont réunis afin faire le bilan de cette année très mouvementée, pour envisager la poursuite de la lutte engagée et surtout pour défendre les collègues que l'administration veut sanctionner pour l'exemple.
En effet, plus de 2800 enseignants en résistance pédagogique ont signé une lettre de désobéissance cette année, mais seulement quelques dizaines ont été sanctionnés et 4 "cas" sont particulièrement médiatisés.
J-Y Le Gall, directeur d'une école dans l'Isère résistant à Base élèves.
Bastien Cazals de l'Hérault résistant qui a écrit au président de la république et publié un livre "Je suis prof et je désobéïs".
Erwan Redon de Marseille désobéisseur et "refuseux" d'inspection.
Alain Réfalo de Colomier (31) premier à envoyer sa lettre de désobéissance à l'automne dernier et rejoint par plusieurs milliers d'enseignants en quelques mois.
Ces collègues risquent des sanctions allant de la rétrogradation à la révocation en passant par le déplacement et les sanctions financières qui vont avec.
Grâce à une défense efficace et une forte mobilisation, plus de 500 personnes à Marseille pour soutenir Erwan le 7 juillet et autant à Toulouse le 9 juillet pour soutenir Alain, les sanctions n'iront certainement pas jusqu'à la révocation.
Quand à Bastien Cazals et Cédric Serres , le Tribunal administratif de Montpellier a annulé leur retrait de 24 jours de salaire lors de l'audience du 10 juillet.
De nombreux autres collègues ont subit des pertes de salaire, mais pour l'instant les caisses de solidarité mises en place localement jouent leur rôle.
En ce qui concerne le mouvement de Résistance Pédagogique, les 2 journées de travail à Marseille ont permis de dessiner les contours de ce qui va devenir un lieu essentiel de débat, de résistance et de propositions pédagogiques.
Une charte sera rédigée pendant l'été, elle permettra à de très nombreux collègues d'adhérer à ce mouvement de résistance sans pour autant s'engager dans des actions de désobéissance plus radicales.
De très nombreux désobéisseurs continueront à visage découvert, mais la charte ouvrira grand la porte à ces dizaines de milliers de mécontents qui, s'ils ne désobéissent pas, ne se satisfont pas des réformes récentes qui tendent à préparer l'éducation nationale pour le grand marché de l'éducation.
Un nouveau site internet couplé à un forum sera aussi mis en place à la rentrée.
Du 25 au 27 août, se tiendra la première université d'été des Enseignants du Primaire en Résistance, à Montpellier.
Malgré les menaces et sanctions, la rentrée ne se fera pas sans nous, pour que l'école publique continue à être un lieu d'égalité républicaine et ne deviennent pas une un supermarché comme les autres.
S Goyer
24 mai 2009
Darcos à La Rochelle
Jeudi 21 mai, nous étions une centaine à manifester à La Rochelle sachant que darcos participait au congrès de la PEEP.
Impossible de l'aborder, des CRS partout, environ 1 pour 2 manifestants !
Et puis, sans raison, l'un d'eux utilise une bombe lacrymogène...
05 avril 2009
Lettre ouverte aux élus de la République
Lettre ouverte aux élus de la république.
Mesdames et messieurs les maires
Mesdames et messieurs les députés
Mesdames et messieurs les sénateurs,
La réforme de l’école publique primaire avance à marche forcée.
Après les suppressions de postes (-25000 en deux ans) répondant au dogme du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, le gouvernement va entamer la réforme du statut même de nos écoles.
Mais revenons un instant sur la liste des changements déjà engagés
.
Des programmes fortement teintés d’idéologie passéiste, rejetés majoritairement par la profession et les plus éminents pédagogues.
Des évaluations nationales cachant mal une volonté de mise en concurrence des écoles.
Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Enfants en Difficulté (RASED), démantelés.
La suppression de 2 heures de classe par semaine pour l’ensemble des élèves.
La surcharge des journées de classe pour les élèves repérés en difficulté, par la mise en place d’un temps d’enseignement hors temps scolaire.
Des associations complémentaires de l’éducation nationale mises en grave difficulté financière.
Le renforcement du financement public des écoles privées : « l’article 89 » même amendé, contraindra dans la majorité des cas, les communes à financer des écoles privées en dehors de leur territoire.
Intéressons-nous maintenant, à 2 réformes en préparation : celles qui vont relever directement de la gestion des communes (Jardins d’éveil et EPEP)
Les jardins d’éveil et les Établissements Publics d’ Enseignement Primaire (EPEP)
sont deux réformes majeures qui vont profondément modifier la forme, le rôle, la répartition et le financement de l’école publique.
Dans ces 2 réformes, l’implication des communes en matière de responsabilité et de financement sera déterminante.
Les jardins d’éveil :
Michèle Tabarot, chargée de la préparation d’un rapport sur le sujet :
« Je propose donc de confier aux communes et intercommunalités une compétence facultative en matière de développement de l’offre de garde et la responsabilité de l’accueil de la petite enfance »…
Ce mode d’accueil inclurait une participation financière des familles. …
Le coût unitaire par enfant a été estimé à 6 200 € …
L’accès au jardin d’éveil dès deux ans pourrait devenir, à terme, possible pour la quasi-totalité des enfants âgés de 2 ans, y compris les enfants handicapés. Ce mode de garde innovant est une alternative de qualité à l’école maternelle, qui devrait constituer une première étape de la mise en œuvre du droit de garde.
Le rapport « Thélot » est très éclairant à ce sujet :
« Le Rapport Thélot souhaitait introduire la scolarité obligatoire à partir de 5 ans et que ces enfants soient rattachés au cycle II.
Par ailleurs, M Théot a affirmé en février 2004 que, dans un avenir proche, les postes d’enseignants seraient payés par les communautés de communes. Si les communes doivent un jour payer les enseignants, l’école maternelle n’existera plus que dans les communes riches et/ou dans celles qui y croient vraiment. »
Non seulement la création des jardins d’éveil aura inévitablement des conséquences sur le budget des communes, mais à terme, c’est le maintien des classes maternelles qui sera remis en question.
Les EPEP :
Préconisé dans le rapport Thélot, repris dans les rapports Camdessus et Attali, le projet de regroupement des écoles primaires dans des structures plus vastes, devrait être discuté au printemps à l’Assemblée et au Sénat.
Selon la proposition de loi qui sera présentée, des Epep constitués de minimum 15 classes seront et pourront être créés. Ils seront administrés par un Conseil d’administration se substituant aux conseils d’écoles actuels, et dirigés par un directeur nommé par l’inspecteur d’académie.
Ce qui n’est pas dit dans la proposition de loi c’est l’impact des Epep sur le nombre et la répartition des écoles primaires sur notre territoire.
Le nombre de classes conservées après la première année de fonctionnement dépendra du seuil de fermeture. Bien entendu, les classes isolées ou les écoles à 2 classes seront les premières touchées par ces fermetures.
Est-ce souhaitable en terme d’offre de service public et d’aménagement du territoire ?
Est-il raisonnable de concentrer les élèves dans des écoles plus grandes avec des classes plus chargées ?
Certains (des inspecteurs d’Académie entre autres) n’hésiteront pas à vous affirmer que les petites écoles isolées, avec souvent des classes multi-niveaux sont moins « performantes » que les autres.
C’est oublier un peu vite que des études récentes prouvent le contraire :
( rapport de Mme Françoise Oeuvrard (Direction Evaluation et Prospective du Ministère de l’Education Nationale) et le rapport Ferrier (Inspection Générale de l’Education nationale), corroboré par le rapport Leroy-Audoin (Institut de Recherches sur l’Economie de l’Education)):
Nous savons que, comme nous, vous vous souciez des élèves qui sont confiés à l’école de la République et notamment de ceux qui se trouvent en difficulté dans les apprentissages .
Nous pensons qu’à travers l’ensemble de ces réformes se profile une dérive certaine vers un désengagement de l’État de l’organisation du système scolaire public.
Nous pensons que le principe essentiel de l’égalité républicaine est gravement remis en question.
Nous pensons aussi qu’il est de votre droit et de votre devoir de vous saisir de ces réformes avant qu’elles ne vous soient imposées, quand d’autres comme la taxe professionnelle par exemple, se profilent en parallèle.
Nous souhaitons des réformes dont l’objet soit vraiment au service des enfants et non celles-ci qui sont principalement guidées par des arbitrages budgétaires.
Il nous paraît fondamental aujourd’hui, que se rejoignent les élus, les parents d’élèves et les enseignants, dans des actions communes d’opposition à cette destruction programmée de notre système éducatif. D’ailleurs, une majorité des enseignants et des parents, lorsqu’ils sont informés, n’approuvent pas ces différentes réformes et tentent de les combattre. Dans ce même esprit, certains enseignants ont choisi en conscience, la désobéissance pédagogique, s’exposant ainsi à des sanctions, dans le souci de conserver une école Républicaine.
Enfin, c’est parce que demain le PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946 « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État » ne sera plus respecté ; et parce que nous savons que vous allez être confrontés à des décisions touchant à la réorganisation du système éducatif primaire, que nous vous adressons cette lettre ouverte.
COLLECTIF DES ENSEIGNANTS EN RESISTANCE
fédérés en réseau par le blog « Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école »
http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html
04 février 2009
Déclaration commune de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education 30 janvier 2009
Déclaration commune de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education 30 janvier 2009 Les représentants de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education font le constat de positionnements largement convergents sur les évolutions souhaitables du système éducatif.
. Quel que soit le regard porté sur le dispositif de l’aide personnalisée mis en place depuis la rentrée scolaire, il devrait mieux respecter les rythmes chronobiologiques des enfants. Pour le SI.EN et la FCPE il ne saurait en aucune manière se substituer aux aides spécifiques apportées par les enseignants spécialisés. Nos organisations exhortent donc le ministre à réaffirmer le rôle irremplaçable des RASED et à abandonner toute mesure de carte scolaire concernant ces postes. Elles réclament que soient analysés de manière rigoureuse les modes de fonctionnement de ces équipes spécialisées et que soient précisées leurs responsabilités, qui doivent continuer à être exercées sous le contrôle de l’IEN.
(...)
La FCPE et le SI.EN envisagent de poursuivre leurs échanges dans le cadre de nouvelles rencontres qui porteront en particulier sur la place et les objectifs de l’évaluation, les relations entre les projets pédagogiques et la carte scolaire, la promotion de la coopération dans les établissements scolaires et plus globalement tout thème relatif à l’éducation. Des débats locaux entre les adhérents des deux organisations renforceront la réflexion commune. Contacts FCPE : Laurence GUILLERMOUfcpecom@fcpe.asso.fr 01.43.57.16.16 SI.EN-UNSA Education : Patrick ROUMAGNACsien@unsa-education.org 01.43.22.68.19
L'intégralité du texte en téléchargement sur le site de l'Unsa : http://sien.unsa-education.org/
03 février 2009
Et maintenant???
La journée du 29 janvier a été un énorme succès en termes de mobilisation.
Mais il faut maintenant donner une suite à ce mouvement. Pouvons-nous, après cette journée mémorable, retourner comme si de rien n’était, subir dans nos classes ce contre quoi nous nous sommes si fortement élevés ?
C’est le moment d’inventer de nouvelles formes d’actions. La désobéissance civile en est une.
Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous reconnaîtrons que, chacun à notre manière, nous tentons en catimini de donner à nos pratiques quotidiennes un sens que les récentes réformes veulent ôter à notre métier.
Ce bricolage quotidien nous déshonore, ou du moins concourt à nous renvoyer une image peu flatteuse de nous-mêmes.
Il est important que, pour être en accord avec nos convictions et les valeurs qui nous ont fait embrasser cette profession de plus en plus difficile, nous résistions ouvertement à cette destruction programmée de l’école que nous aimons.
Seule une résistance ouverte, affichée et assumée nous permettra de faire reculer ce gouvernement. Cette désobéissance qui s’étend inquiète notre hiérarchie, qui craint une contamination rendant impossible l’application des réformes.
Les quelques désobéisseurs ayant été sanctionnés par un retrait de salaire (quelques-uns sur les 2102 officiellement connus à ce jour dans 37 départements, aucun en Charente) persistent dans leur démarche, car ils savent que ces sanctions disproportionnées sont un aveu de faiblesse, pire, de désarroi, et qu’elles ont l’effet inverse à celui escompté : la sanction est une reconnaissance que cette action a touché au cœur le système et qu’il ne tient qu’à nous de l’utiliser comme un levier pour le faire basculer. De plus, loin d’affaiblir le mouvement, elle le renforce au contraire.
Chaque jour, de nouveaux collègues rejoignent ce collectif par le biais de lettres individuelles ou collectives. Certains refusent l’aide personnalisée, d’autres dénoncent un simulacre d’évaluations (pour qui ? Pour quoi ?).
Tous le font savoir en expliquant leur démarche à leur inspecteur, qui se trouve fort démuni quant à la réponse à apporter à des préoccupations qu’ils partagent la plupart du temps. En Charente, nous sommes à ce jour 45 à nous être déclarés ouvertement.
Nous appelons aujourd’hui tous les enseignants de notre département, et au-delà tous les enseignants de France, à refuser de collaborer au démantèlement de l’école publique, à refuser d’appliquer ces réformes criminelles pour le service public d’éducation.
Nous vous appelons à un sursaut de conscience, nous vous appelons à de la cohérence ! Que nos actes soient en cohérence avec nos opinions !
Nous pensons et vous le disons, la désobéissance civile de masse est une force invincible. Aucun pouvoir ne peut y résister, si nous décidons de rester fermes, unis, solidaires dans les épreuves qui nous attendent.
N’ayons pas le regret demain de n’avoir pas tout essayé pour tenter de sauver notre école, car le jugement de l’histoire sera terrible.
N’ayons plus peur. La victoire est à notre portée. Il ne tient qu’à nous de la rendre possible.
Merci.
Les désobéisseurs de Charente,
pour le collectif de résistance pédagogique des désobéisseurs fédérés par le blog http://resistancepedagogique.blog4ever.com/"
27 janvier 2009
20 de plus!!!
salut à tous,
ce soir il y a 20 signatures au bas de la lettre
collective de résistance des enseignants de charente, via le stage
syndical de sud aujourd'hui et un passage à un appéro des écoles à
Soyaux.
IL FAUT CONTINUER!!!
jeudi à la manif, je mettrai le paquet, si d'autres veulent s'y coller avec moi, ça ne sera pas de refus!
j'essaierai de faire signer demain en conférence péda.
BONSOIR ET HASTA LA VICTORIA SIEMPRE!
MAUD
19 janvier 2009
La résistance collective porte ses fruits.
La résistance collective porte ses fruits.
Les 350 collègues résistants de Vendée ont fait reculer l'IA :
Les postes de Rased seront maintenus en Vendée. (voir plus bas).
Continuons, ensemble résistons!
Chers collègues,
Les Résistants charentais vous appellent à entrer à votre tour collectivement en résistance pédagogique et à en informer l’Inspection Académique jeudi 29 janvier à l’occasion de la journée de grève.
Nous sommes convaincus que cette action mobilisera nombreuses et nombreux d’entre vous qui êtes prêts à le faire en réaction aux mesures qui visent à démanteler le système éducatif français actuel.
Aujourd’hui, la résistance au niveau national rassemble environ 1250 désobéisseurs répartis sur 29 départements (voir carte en pièce jointe ou à consulter sur resistancepedagogique.blog4ever.com ).
En France, elle est portée notamment par 388 résistants dans l’Hérault, 233 en Gironde, 144 à Nantes… et plus de 600 signatures de Suspension d’Aide pédagogique en région parisienne.
Forte de cette adhésion croissante, elle peut enfin s’enthousiasmer du résultat obtenu en Vendée, où, 350 collègues entrés en Résistance ont obtenu que l’Inspecteur d’Académie leur présente les points suivants :
« - Le nombre d’enseignants annonçant la suspension est important. La compréhension des difficultés ressenties est nécessaire.
- Les démarches de convocations sont suspendues pour le moment.
- Les postes occupés à l’heure actuelle par des membres de RASED seront maintenus ainsi que leurs missions. Aucun enseignant spécialisé ne sera victime de fermeture.
- Les IEN devront se rendre dans les écoles où l’aide personnalisée est suspendue pour réfléchir avec chaque équipe à un dispositif d’ici à la fin de l’année scolaire et envisager l’année suivante.»
Au niveau de la Charente, nous comptabilisons à ce jour plus de 400 signatures de collègues, d’élus, de parents… de soutien à notre mouvement qui compte depuis hier 12 Résistants pédagogiques.
Votre entrée en Résistance permettra, comme celle de nombreux autres collègues dans le département et en France, d’aller négocier véritablement avec le Ministère de l’Education Nationale sur l’avenir de Notre Ecole.
Comment agir :
- Vous imprimez la lettre de désobéissance collective proposée ;
- Vous la modifiez, amendez en fonction des raisons qui motivent votre entrée en résistance ;
- Vous la retournez signée avec vos références (NOM, Prénom, fonction, école, ville, signature)
o Soit au plus tard avant le 24 janvier par la poste à Olivier GIBERT, La fontaine des Riffauds, cidex 122, 16600 Ruelle sur Touvre ;
o Soit vous l’apportez le 29 janvier à un Résistant charentais, nous les rassemblerons et les porterons, ce jour-là, à Monsieur l’Inspecteur d’Académie.
Remarque importante : si vous comptez réellement signer cette lettre de désobéissance, merci de répondre à ce message en nous indiquant combien vous êtes à le faire.
Cela nous permettra d’indiquer sur le site http://programmes2008.canalblog.com/, le nombre de signataires attendus et encouragera certainement ceux qui n’osent pas encore le faire.
Nous comptons sur vous.
Les résistants pédagogiques charentais.
18 janvier 2009
La résistance en Vendée porte ses fruits
Compte-rendu de l’audience avec l’Inspecteur d’Académie
Mercredi 14 janvier
L’Inspecteur
d’Académie a souhaité rencontrer les représentants du SNUipp 85 pour
évoquer la situation de l’aide personnalisée et la suspension déclarée
de plus 300 enseignants du département. Nous vous proposons un compte-rendu sans
commentaire (envoyé également ce jour dans un bulletin aux écoles et
aux collègues syndiqués). Le Conseil syndical départemental du SNUipp
se réunira mardi 20 janvier et nous proposerons une rencontre
intersyndicale en fin de semaine. La rencontre a duré 2 heures. Nous
avons, dans un premier temps, ré-exprimé l’ensemble des problématiques
posées par l’aide personnalisée (reprendre les différents écrits à ce
sujet) qui a engagé les enseignants à la suspendre. L’Inspecteur d’Académie a présenté les points suivants.
Le SNUipp 85 vous présentera son analyse dans un bulletin spécial. Pour le moment, nous vous invitons à poursuivre la suspension en vous adressant à l’IA sous couvert de votre IEN et en vous inscrivant sur le formulaire départemental ; 330 collègues l’ont d’ores et déjà fait (liste départementale). L’aide personnalisée est à considérer
dans l’ensemble des mesures actuelles : sédentarisation des RASED,
carte scolaire, maternelle... Mobilisons-nous le jeudi 29 janvier ! Le vendredi 16 janvier 2009, pour le SNUipp 85,
Le nombre d’enseignants annonçant la suspension est important. La compréhension des difficultés ressenties est nécessaire.
Les démarches de convocations sont suspendues pour le moment.
Les
postes occupés à l’heure actuelle par des membres de RASED seront
maintenus ainsi que leurs missions. Aucun enseignant spécialisé ne sera
victime de fermeture.
Les
IEN devront se rendre dans les écoles où l’aide personnalisée est
suspendue pour réfléchir avec chaque équipe à un dispositif d’ici à la
fin de l’année scolaire et envisager l’année suivante.
Le dispositif étudié devra se mettre en place après les vacances de février.
Des dérogations seront accordées par des organisations particulières si l’ensemble des partenaire est d’accord.
Jean-Jacques BOBIN
Pierre CAMINADE
Michio KURATA
Karine ROUSSEAU
Marie-Pierre TEXIER


