Résistance Pédagogique 16

Un blog entièrement consacré à l'actualité de la lutte contre la mise à sac du service public d'éducation.

12 mars 2009

Non à la manipulation des statistiques sur les évaluations CM2 !

Un texte du syndicat des inspecteurs : SNPI FSU

Non à la manipulation des statistiques sur les évaluations CM2 !

12-03-2009

Des témoignages nous parviennent de toute la France faisant état de pressions directes ou indirectes des IA-DSDEN sur les IEN CCPD pour gonfler les statistiques des remontées des évaluations CM2. La plupart des instructions données l’ont été oralement, mais certaines instructions écrites nous sont parvenues et confirment les alertes qui nous ont été lancées.

Ces instructions consistent à demander aux IEN CCPD de transformer les fichiers des résultats renseignés par les directeurs d’école, notamment ceux qui ont intégré un code 2 validant des compétences partielles, ou bien à transformer les codes A en 0 ou en 1 pour faire remonter les scores.

Le SNPI-fsu appelle les inspecteurs à ne pas compromettre leur indispensable légitimité professionnelle au sein de leur circonscription, ainsi que la valeur de leur expertise institutionnelle nationale dans des opérations de manipulation des informations qu’ils ont à valider et à transmettre.

Ce genre de pratique déroge à l’évidence à la déontologie la plus élémentaire. Elle met à mal la neutralité du service public et la confiance des citoyens envers la fonction publique. Dans certains cas, les instructions délivrées par les IA-DSDEN s’apparentent à une demande de production de faux en écriture publique dénoncée par le Code de procédure publique et le Code pénal. Dans d’autres cas, les instructions sont accompagnées de menaces sur la carrière, voire sur la réussite au prochain oral d’un concours national de recrutement. Là encore, ce genre de pratique est dénoncée par la morale et les lois et il est susceptible de poursuites judiciaires.

Dans la plupart des cas qui nous ont été communiqués, la même légitimation de l’opération revient, comme l’expression d’une manipulation grossière : « l’académie (ou le département, selon les cas) est classée dernière dans la remontée des résultats des évaluations ; il faut absolument atteindre le niveau national, sinon les sanctions vont tomber (sous-entendu pour le recteur, l’IA-DSDEN, voire les IEN CCPD) ». Stupéfiante course à l’échalote !

Cette information doit être croisée avec les témoignages de plus en plus nombreux qui nous parviennent sur la gestion autoritaire et ouvertement menaçante par le ministère et l’administration centrale à l’encontre des recteurs et des IA-DSDEN. Le limogeage spectaculaire de l’IA-DSDEN du Rhône a été à cet égard l’élément de trop dans cette gestion archaïque, irrespectueuse et contraire aux valeurs de notre république et de la démocratie. Désormais, tous les IA-DSDEN craignent de se voir renvoyés à tout moment. Une rumeur, plus ou moins fondée, nous est très récemment parvenue faisant état d’une « prochaine charrette » (sic). Dès lors, on ne peut s’étonner que certains IA-DSDEN perdent leur sang-froid et se livrent à des pratiques inadmissibles.

Tout cela est le fruit d’une politique éducative inspirée par le culte absurde du résultat avec des chiffres manipulés, par l’autoritarisme et la personnalisation dans la gestion de la fonction publique, une politique qui vise à l’atomisation du service public national dont les relais territoriaux sont mis en concurrence sur le modèle des entreprises privées à but lucratif.

Le SNPI-fsu soutiendra avec force tous les IEN CCPD qui défendront la dignité de leur fonction et celle du service public en refusant de se conformer à des instructions manifestement illégales et de nature à compromettre gravement un intérêt public. De même, conformément à ses statuts, il soutiendra tous les IA-DSDEN qui se verraient menacés ou sanctionnés pour avoir défendu avec courage et lucidité les valeurs du service public.

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18 février 2009

Compte-rendu de la nuit des écoles de Pérignac (17) du 13 février 2009

Compte-rendu de la nuit des écoles de Pérignac (17) du 13 février 2009
C'était une soirée de rencontre agréable, instructive, et, on l'espère, constructive.
Les sujets abordés ont été:
- la disparition programmée des écoles maternelles
- la création des EPEP (ces gros ensembles scolaires gérés de manière autonome par les élus locaux
- les évaluations CM2 destinées à faire un bilan très négatif de
l'enseignement en primaire pour rendre la réforme acceptable par le grand public
- la politique globale de l'éducation (avenir des CAP), réforme concernant les enseignants chercheurs, remise en cause du statut de fonctionnaire comme personnel au service de l'état donc du public
-la disparition fortement probable des communes expliquée par le maire de Pérignac (qui en parlait déjà en janvier et s'inquiète encore plus depuis l'intervention de Sarkozy qui supprime les taxes professionnelles des entreprises qui sont le plus gros revenus des communes)
Il y avait une bonne cinquantaine de personnes dont 21 fonctionnaires de l'éducation nationale (retraités et actifs de Pons, Saint Genis, villages environnants), 34 parents d'élèves ( !!! ) et quelques élus.
On a trouvé que c'était très bien parce que les participants (et notamment les parents d'élèves) sont loin d'être tous du même bord politique. Les échanges ont donc été très fructueux et tout le monde s'accorde à dire que les décisions prises sont toujours décidées pour des raisons budgétaires et ne vont pas du tout dans le bon sens et dans l'intérêt de l'enfant. L'étude des textes émanant du ministère avec l'analyse collective du discours politique a permis de mettre en avant l'idée que toutes nos craintes ne sont pas des projections paranoïaques mais que les réformes sont en marche. N'est-il pas déjà trop tard ?
Les assistantes maternelles ont désormais la possibilité d'obtenir des agréments pour 4 enfants et peuvent se réunir par 4 (pour 16 enfants). La passation des éval CM2 aux enfants des IME, le discours de l'inspecteur d'Académie qui annonce (contrairement aux études faites) que les enfants qui vont dans les écoles de campagne ont moins de chance de faire de grandes études lors d'une réunion avec les maires de Charente maritime, les offres d'emploi en Charente qui demandent à des personnes de bac plus 3 de venir effectuer des remplacements temporaires dans des écoles, sans formation aucune...
Tous ces faits et d'autres encore sont autant de signaux d'alarme...
Plusieurs choses ont été décidées par les participants, notamment: un pique-nique sur la place du donjon de Pons le samedi à midi pour informer. On compte demander aux adhérents du collectif 17 de se joindre à nous pour faire masse, avec dans l'intention de venir à notre tour leur prêter main forte quand ils en auront besoin.Bien sûr, tous les gens qui ont fait la nuit des écoles et les autres qui désirent s'informer seront les bienvenus.
Pour nous, c'est important qu'il y ait quelque chose à Pons parce que l'EPEP se prépare à grand pas (fermeture d'une école à la rentrée), et surtout parce que l'absence de débat démocratique est sidérante.
Les autres actions prévues sont des rencontres avec les élus (députés et maires) pour les avertir, débattre avec eux afin de leur faire prendre conscience qu'ils sont les seuls à pouvoir lutter et qu’il y a urgence !
Une maman de Pérignac

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10 février 2009

Formation des professeurs : parents d'élèves, si vous saviez...

Formation des professeurs : parents d'élèves, si vous saviez...

La suite ici : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/10/formation-des-professeurs-parents-d-eleves-si-vous-saviez_1153316_3232.html



   

Le projet de réforme de la formation des maîtres entraînera un dramatique recul pour notre école publique. Qu'on en juge ! Aujourd'hui, après la licence et une année de préparation du concours, les lauréats ont le statut de professeur stagiaire.

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04 février 2009

Déclaration commune de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education 30 janvier 2009

Déclaration commune de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education 30 janvier 2009 Les représentants de la FCPE et du SI.EN-UNSA Education font le constat de positionnements largement convergents sur les évolutions souhaitables du système éducatif.
. Quel que soit le regard porté sur le dispositif de l’aide personnalisée mis en place depuis la rentrée scolaire, il devrait mieux respecter les rythmes chronobiologiques des enfants. Pour le SI.EN et la FCPE il ne saurait en aucune manière se substituer aux aides spécifiques apportées par les enseignants spécialisés. Nos organisations exhortent donc le ministre à réaffirmer le rôle irremplaçable des RASED et à abandonner toute mesure de carte scolaire concernant ces postes. Elles réclament que soient analysés de manière rigoureuse les modes de fonctionnement de ces équipes spécialisées et que soient précisées leurs responsabilités, qui doivent continuer à être exercées sous le contrôle de l’IEN.
(...)
La FCPE et le SI.EN envisagent de poursuivre leurs échanges dans le cadre de nouvelles rencontres qui porteront en particulier sur la place et les objectifs de l’évaluation, les relations entre les projets pédagogiques et la carte scolaire, la promotion de la coopération dans les établissements scolaires et plus globalement tout thème relatif à l’éducation. Des débats locaux entre les adhérents des deux organisations renforceront la réflexion commune. Contacts FCPE : Laurence GUILLERMOUfcpecom@fcpe.asso.fr 01.43.57.16.16 SI.EN-UNSA Education : Patrick ROUMAGNACsien@unsa-education.org 01.43.22.68.19

L'intégralité du texte en téléchargement sur le site de l'Unsa : http://sien.unsa-education.org/

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03 février 2009

Et maintenant???

Chers collègues,Beno_t_2

La journée du 29 janvier a été un énorme succès en termes de mobilisation.

Mais il faut maintenant donner une suite à ce mouvement. Pouvons-nous, après cette journée mémorable, retourner comme si de rien n’était, subir dans nos classes ce contre quoi nous nous sommes si fortement élevés ?

C’est le moment d’inventer de nouvelles formes d’actions. La désobéissance civile en est une.

Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous reconnaîtrons que, chacun à notre manière, nous tentons en catimini de donner à nos pratiques quotidiennes un sens que les récentes réformes veulent ôter à notre métier.

Ce bricolage quotidien nous déshonore, ou du moins concourt à nous renvoyer une image peu flatteuse de nous-mêmes.

Il est important que, pour être en accord avec nos convictions et les valeurs qui nous ont fait embrasser cette profession de plus en plus difficile, nous résistions ouvertement à cette destruction programmée de l’école que nous aimons.

Seule une résistance ouverte, affichée et assumée nous permettra de faire reculer ce gouvernement. Cette désobéissance qui s’étend inquiète notre hiérarchie, qui craint une contamination rendant impossible l’application des réformes.

Les quelques désobéisseurs ayant été sanctionnés par un retrait de salaire (quelques-uns sur les 2102 officiellement connus à ce jour dans 37 départements, aucun en Charente) persistent dans leur démarche, car ils savent que ces sanctions disproportionnées sont un aveu de faiblesse, pire, de désarroi, et qu’elles ont l’effet inverse à celui escompté : la sanction est une reconnaissance que cette action a touché au cœur le système et qu’il ne tient qu’à nous de l’utiliser comme un levier pour le faire basculer. De plus, loin d’affaiblir le mouvement, elle le renforce au contraire.S___C_2

Chaque jour, de nouveaux collègues rejoignent ce collectif par le biais de lettres individuelles ou collectives. Certains refusent l’aide personnalisée, d’autres dénoncent  un simulacre d’évaluations (pour qui ? Pour quoi ?).
Tous le font savoir en expliquant leur démarche à leur inspecteur, qui se trouve fort démuni quant à la réponse à apporter à des préoccupations qu’ils partagent la plupart du temps. En Charente, nous sommes à ce jour 45 à nous être déclarés ouvertement.

Nous appelons aujourd’hui tous les enseignants de notre département, et au-delà tous les enseignants de France,  à refuser de collaborer au démantèlement de l’école publique, à refuser d’appliquer ces réformes criminelles pour le service public d’éducation.

Nous vous appelons  à un sursaut de conscience, nous vous appelons à de la cohérence ! Que nos actes soient en cohérence avec nos opinions !

Nous pensons et vous le disons, la désobéissance civile de masse est une force invincible. Aucun pouvoir ne peut y résister, si nous décidons de rester fermes, unis, solidaires dans les épreuves qui nous attendent.

N’ayons pas le regret demain de n’avoir pas tout essayé pour tenter de sauver notre école, car le jugement de l’histoire sera terrible.


Dominique_2

N’ayons plus peur. La victoire est à notre portée. Il ne tient qu’à nous de la rendre possible.

Merci.

r_sistance_2


Les désobéisseurs de Charente,
pour le collectif de résistance pédagogique des désobéisseurs fédérés par le blog http://resistancepedagogique.blog4ever.com/"

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27 janvier 2009

Articles Le plan banlieue au secours de l'enseignement catholique?

Les grandes manoeuvres continuent : je viens de recevoir ça :
Articles Le plan banlieue au secours de l'enseignement catholique?

Alors que le gouvernement supprime des emplois par dizaines de milliers dans l’enseignement public, il aide l’enseignement catholique à s’installer dans des zones urbaines sensibles. Pendant ce temps, le plan "espoir banlieue" reste très loin de ses objectifs. L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) met en évidence "l'importance des retards accumulés, l'insuffisance des ressources budgétaires et l'impossibilité de tenir les promesses".


Dans le cadre du plan "espoir banlieue" doté cette année de 200 millions d’euros, une cinquantaine de classes relevant de l’enseignement catholique seront ouvertes cette année dans des zones sensibles les académies de Toulouse et Marseille en particulier. Deuxième annonce : un lycée privé Jean-Paul II devrait ouvrir à la rentrée prochaine dans une usine désaffectée d’un quartier de Sartrouville (Yvelines). Il pourrait accueillir 650 élèves.
Ces mesures contreviennent aux principes législatifs en vigueur car l’Etat organise, par un financement préalable d’investissement ou l’ouverture de classes du privé, la concurrence avec le service public dont il a la charge avec les collectivités locales. Le financement a priori d’établissements scolaires privés s’exonère des obligations inscrites dans la législation scolaire : les établissements privés doivent fonctionner cinq années avant d’obtenir un contrat avec l’Etat et répondre à "un besoin scolaire reconnu". Les lycées privés musulmans de Lille et Lyon sont ou ont été soumis à ces obligations. Pourquoi en serait-il autrement pour l’enseignement catholique en banlieue ? 
L’enseignement catholique perd des élèves
Encore une fois, huit jours après les déclarations de l’enseignement privé laissant croire qu’il lui manquait 35 000 places à cette rentrée, on constate qu’il perd en fait 5200 élèves dans le premier degré alors que les écoles publiques en ont 8200 en plus. L’Etat cherche-t-il ici à enrayer ce manque à gagner ? Notons aussi que l’enseignement catholique, avec 17% des effectifs, possède près de 40 % des établissements. En Ile de France et à Paris, on compte 105 lycées privés pour 22 252 élèves alors que le public ne dispose que de 73 établissements pour 40 030 lycéens. 
S’il veut en ouvrir en banlieue, l’enseignement catholique ne doit-il pas fermer des lycées dans Paris? Est-il juste de financer un patrimoine privé sur fonds publics, qui plus est en période de crise économique ? L’Ecole publique laïque n’est-elle plus le lieu du "Vivre ensemble" de la politique de la ville ?

--
Rémi Jacquet

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20 de plus!!!

salut à tous,
ce soir il y a 20 signatures au bas de la lettre collective de résistance des enseignants de charente, via le stage syndical de sud aujourd'hui et un passage à un appéro des écoles à Soyaux.
IL FAUT CONTINUER!!!
jeudi à la manif, je mettrai le paquet, si d'autres veulent s'y coller avec moi, ça ne sera pas de refus!
j'essaierai de faire signer demain en conférence péda.
BONSOIR ET HASTA LA VICTORIA SIEMPRE!
                                                                           
MAUD

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22 janvier 2009

Nuit des écoles en Janvier

1:Apéro des écoles demain soir le 13 janvier sur l'école Paul Bert à Cognac.

2: Apéro des écoles vendredi 30 janvier à l'école C-Freinet de St-Front à 18h30

3: Apéro  des écoles à Cherves le  vendredi 16

4 : Apéro des écoles le mardi 20 janvier  à  Crouin à la maternelle V Hugo

5: Apéro-débat organisé par l'association des parents le mardi 27 janvier 2009 A Chasseneuil-sur-Bonnieure.

6: 2ème réunion-débat sur l'avenir de l'école dans le Confolentais: mardi 20/01 à
20h30 à la Mairie de Lessac

7) Le lundi 19 AG secteur Cognac à l'école pablo picasso Chateaubernard bourg

8) Le mardi 27 janvier : école de Touvre de 18 à 20h

9) Le vendredi 6 février : quartier Victor Hugo Angoulême (écoles V. Hugo et A. de Vigny), heure et lieu à déterminer

10) le mardi 20 janvier : RPI Cellettes / Maine de Boixe à 19h00 à la garderie de Maine de Boixe

11) vendredi 6 février : quartier Victor Hugo Angoulême (écoles V. Hugo et A. de Vigny), heure et lieu à déterminer

D'autres actions : Soyaux Champ de Manœuvre organise le maintient de la vigilance : infos distribuées aux parents à la sorties des écoles, tracts aux carrefours stratégiques, avant-manif demain matin in-situ, pancartes conçues collectivement ..




 




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21 janvier 2009

La douzième en Charente!!

Laubuge Annie                        Angoulême, le 16 janvier 2009
Adjointe
Ecole Ronsard
Angoulême

A Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
sous couvert de Monsieur l’Inspecteur de l’Education Nationale

    Comme la très grande majorité de mes collègues, je m’interroge sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont proposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile de croire que toutes ces mesures sont prises dans l’intérêt des élèves.

La baisse du volume horaire de 26h à 24h, visant à répondre à la demande sociale de suppression de l’école le samedi matin, entraîne une concentration de l’effort scolaire des élèves sur quatre jours, ce que beaucoup d’entre eux ne peuvent  fournir. Nous créons donc ainsi des inégalités inadmissibles. Celles-ci peuvent être compensées par des heures de soutien personnalisées, des stages de remédiation payés en heures supplémentaires ? Rien de tel pour stigmatiser des élèves qui auraient pu échapper à cette étiquette d’ « élèves en difficulté ».
Car nous ne parlons pas ici des élèves en grande difficulté pour lesquels de tels pansements ne servent à rien. Ceux-là, d’ailleurs, avec la suppression ou la sédentarisation des maîtres du RASED, seront les oubliés du système, mais pas de leur classe qu’ils sont capables de renverser. Ils ne sont  pas rentables, coûteux. Mais combien coûteront-ils, plus tard, à l’adolescence, quand la société les aura écartés depuis la petite enfance ?
Que deviendront, d’ailleurs, tous les élèves si nous acceptons le changement de l’esprit des programmes, si nous appliquons des programmes basés sur l’application mécanique d’un savoir ? Ils seront adaptables, malléables, fidèles aux besoins de notre société libérale. Combien d’entre eux bénéficieront d’un lieu d’apprentissage citoyen véritable si l’école ne dispense que des « leçons de morale » ?
Que dire de notre rôle d’enseignant, partagé entre application, utilisation de manuels, évaluations… Que reste-t-il de notre liberté pédagogique ? Que penser des mesures visant à désolidariser le corps enseignants (stages payés en heures supplémentaires, primes réservées à certains…) ?
L’Education Nationale précarise ses employés. Est-ce sur ces bases d’insécurité que l’on veut apporter la confiance nécessaire à la construction de la personne à nos élèves?

Pour tous ces exemples de raisons, je m’engage à respecter les programmes de 2002 ( en refusant d’appliquer l’esprit des programmes de 2008) : à favoriser la construction de la pensée et à développer des apprentissages qui ne sont pas basés sur des automatismes.
Je m’engage à apprendre à lire, écrire et calculer à mes élèves pour qu’ils puissent analyser et comprendre le monde dans le respect des droits de tous.
Je m’engage à proposer les heures de soutien à tous les élèves.
Je m’engage à ne pas participer aux stages de remise à niveau et à ne pas communiquer de liste d’élèves pour ces stages.
Je m’engage à ne pas cautionner et à dénoncer le développement de la précarité dans l’Education Nationale.

Je considère l’Ecole Publique comme un élément stable de notre société, une référence, un point d’appui important pour des élèves et des familles de plus en plus déstructurés, déstabilisés par la société environnante, alors, sans refuser a priori les réformes, je m’élève contre les réformes qui entraînent l’Ecole Publique dans le tourbillon de la précarisation, de la rentabilité à tout prix…

Je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie,en mon profond attachement pour l’Ecole Publique et Laïque.

_Lettre d'Annie Laubuge

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19 janvier 2009

Monsieur l'Inspecteur d'Académie...nos refusons

   

Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

Comme la très grande majorité de nos collègues, nous nous interrogeons sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont imposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile pour ne pas dire impossible de croire que toutes ces mesures sont prises dans l'intérêt de la scolarité des élèves.

La suite ici:Lettre_de_refus

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