21 janvier 2009
La douzième en Charente!!
Laubuge Annie Angoulême, le 16 janvier 2009
Adjointe
Ecole Ronsard
Angoulême
A Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
sous couvert de Monsieur l’Inspecteur de l’Education Nationale
Comme la très grande majorité de mes collègues, je m’interroge sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont proposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile de croire que toutes ces mesures sont prises dans l’intérêt des élèves.
La baisse du volume horaire de 26h à 24h, visant à répondre à la demande sociale de suppression de l’école le samedi matin, entraîne une concentration de l’effort scolaire des élèves sur quatre jours, ce que beaucoup d’entre eux ne peuvent fournir. Nous créons donc ainsi des inégalités inadmissibles. Celles-ci peuvent être compensées par des heures de soutien personnalisées, des stages de remédiation payés en heures supplémentaires ? Rien de tel pour stigmatiser des élèves qui auraient pu échapper à cette étiquette d’ « élèves en difficulté ».
Car nous ne parlons pas ici des élèves en grande difficulté pour lesquels de tels pansements ne servent à rien. Ceux-là, d’ailleurs, avec la suppression ou la sédentarisation des maîtres du RASED, seront les oubliés du système, mais pas de leur classe qu’ils sont capables de renverser. Ils ne sont pas rentables, coûteux. Mais combien coûteront-ils, plus tard, à l’adolescence, quand la société les aura écartés depuis la petite enfance ?
Que deviendront, d’ailleurs, tous les élèves si nous acceptons le changement de l’esprit des programmes, si nous appliquons des programmes basés sur l’application mécanique d’un savoir ? Ils seront adaptables, malléables, fidèles aux besoins de notre société libérale. Combien d’entre eux bénéficieront d’un lieu d’apprentissage citoyen véritable si l’école ne dispense que des « leçons de morale » ?
Que dire de notre rôle d’enseignant, partagé entre application, utilisation de manuels, évaluations… Que reste-t-il de notre liberté pédagogique ? Que penser des mesures visant à désolidariser le corps enseignants (stages payés en heures supplémentaires, primes réservées à certains…) ?
L’Education Nationale précarise ses employés. Est-ce sur ces bases d’insécurité que l’on veut apporter la confiance nécessaire à la construction de la personne à nos élèves?
Pour tous ces exemples de raisons, je m’engage à respecter les programmes de 2002 ( en refusant d’appliquer l’esprit des programmes de 2008) : à favoriser la construction de la pensée et à développer des apprentissages qui ne sont pas basés sur des automatismes.
Je m’engage à apprendre à lire, écrire et calculer à mes élèves pour qu’ils puissent analyser et comprendre le monde dans le respect des droits de tous.
Je m’engage à proposer les heures de soutien à tous les élèves.
Je m’engage à ne pas participer aux stages de remise à niveau et à ne pas communiquer de liste d’élèves pour ces stages.
Je m’engage à ne pas cautionner et à dénoncer le développement de la précarité dans l’Education Nationale.
Je considère l’Ecole Publique comme un élément stable de notre société, une référence, un point d’appui important pour des élèves et des familles de plus en plus déstructurés, déstabilisés par la société environnante, alors, sans refuser a priori les réformes, je m’élève contre les réformes qui entraînent l’Ecole Publique dans le tourbillon de la précarisation, de la rentabilité à tout prix…
Je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie,en mon profond attachement pour l’Ecole Publique et Laïque.
19 janvier 2009
Monsieur l'Inspecteur d'Académie...nos refusons
Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
Comme la très grande majorité de nos collègues, nous nous interrogeons sur le sens et la finalité des réformes qui nous sont imposées depuis bientôt deux ans. Il nous est difficile pour ne pas dire impossible de croire que toutes ces mesures sont prises dans l'intérêt de la scolarité des élèves.
La suite ici:Lettre_de_refus
11 décembre 2008
Les soutiens lors de la manif du 10 décembre
Au cours du défilé, ce sont plus de 100 personnes qui ont signé le texte de soutien aux enseignants entrés et résistance.
Des parents,profs, EVS, Iatoss, CPE, élus, responsables d'associations (Usep, Fcol), étudiants, quelques élèves et un vice président du Conseil Général , le 1er secrétaire du PS, et un sénateur de la Charente.
Merci de leur soutien sincère et qu'ils en appellent d'autres, beaucoup d'autres...
Soutien à la ‘résistance pédagogique’
Soutien à la ‘résistance pédagogique’
Plusieurs enseignants de Charente ont décidé d’entrer en ‘résistance pédagogique’ en affirmant leurs convictions profondes face à certaines réformes mises en place à la rentrée 2008.
Ils ont donc rédigé un courrier individuel à leur Inspecteur de circonscription et à l’Inspecteur d’Académie pour expliquer leur décision concernant notamment :
- Un rejet des nouveaux programmes et de leur approche mécaniste des apprentissages/ un retour aux programmes 2002 et leur évaluation
- Une suspension/réorganisation des aides personnalisées au moins tant que celles-ci remettent en cause l’existence des RASED
Ces enseignants refusent de garder le silence face aux incohérences, à la précipitation et à ce qui apparaît de plus en plus comme une destruction programmée de l’Ecole Républicaine en laquelle ils croient.
Le risque qu’ils prennent sera d’autant plus réduit qu’ils seront rejoints et soutenus par leurs collègues, mais aussi par les parents d’élèves et toutes les personnes qui se sentent concernées par l’avenir du service public d’éducation
A votre tour, engagez-vous !
« Je partage les convictions de ces enseignants et je soutiens leur action »
Nom Prénom qualité signature
Si vous faites signer ce texte lors de la nuit des écoles ou ailleurs, merci de le renvoyer à l'école Célestin Freinet, Le bourg 16460 Saint-Front.
Texte téléchargeable ici:
_soutien_résistance pédagogique
Les lettres de résistance
Bonjour,
Nous sommes 11 enseignants charentais à être entrés en résistance pédagogique hier (mercredi 10 décembre) en postant chacun un courrier individuel à nos inspecteurs de circonscription ainsi qu’à M. l’Inspecteur d’Académie.
Nous sommes issus de différents horizons charentais, syndiqués ou non-syndiqués et partageons des valeurs communes concernant notre école.
Nous sommes entrés dans cette action parce nous sommes, comme beaucoup d’entre vous, des enseignants, des parents et des citoyens et il est de notre devoir de ne plus nous taire.
Si vous l’avez lu dans la presse ce matin, vous avez compris que notre démarche s’appuie sur 3 axes de réflexion :
En tant qu’enseignants,
- nous ne pouvons légitimement accepter les nouveaux programmes de 2008 dans la mesure où :
o Les programmes précédents n’ont pas fait l’objet d’évaluation et de critique justifiant que l’on passe à autre chose
o Les programmes proposés nous sont imposés par l’actuel ministre sans véritable concertation en ce qui concerne leur contenu qui nous semble par ailleurs présenter un véritable recul sur le plan pédagogique.
- nous n’acceptons pas la mise en place de l’aide individualisée telle qu’elle nous a été proposée dans la mesure où, à moyen terme, elle signe l’arrêt de mort des RASED, et de manière générale la cessation de l’apport de toute aide spécialisée au sein des écoles. En revanche, nous ne refusons pas d’effectuer ce volume horaire et l’emploierons à des travaux en classe en présence des enfants.
En tant que parents,
- nous n’acceptons pas que nos enfants aient comme enseignants des personnels non formés au métier d’enseignant, comme ce sera le cas avec la mise en place de l’agence nationale de remplacement
En tant que citoyens,
- nous pensons que l’ensemble de ces mesures ainsi que l’annonce pour la rentrée prochaine de la mise en place des EPEP (avec la disparition certaine de très nombreuses écoles, notamment en milieu rural) ne sont souhaitées que pour des raisons budgétaires.
- nous pensons que ces mesures vont à l’encontre d’une des valeurs démocratiques fondamentales de notre pays : l’égalité d’accès à l’école pour tous nos enfants.
Les noms des signataires sont : Olivier GIBERT, Bruno LANDREAUD, Sandrine DUPIN-BOSSELLI, Dominique VASTEL, Xavier FAVRE, Christelle BARON, Benoît VARY, Sébastien GOYER, Hélène DUMAS, Martine PLAINFOSSE
Vous pouvez lire nos lettres en les téléchargeant ici:
__Benoît Vary
_Christelle Baron
_Hélène Dumas
_Sébastien Goyer
_Olivier Gibert_
_Sandrine Dupin Bosselli
_Xavier Favre
