08 avril 2009
Lettre ouverte aux élus de la République
LES INSTITS «RÉSISTANTS» EN APPELLENT AUX ÉLUS
Dans le <Charente libre du 7 avril 2009 : http://www.charentelibre.com/article-11-les-instits-resistants-en-appellent-aux-elus.html?id_article=264693
07.04.2009
Sylviane CARIN

Il était déjà à l’origine du collectif des enseignants résistants au
lendemain de la grève du 20 novembre. Sébastien Goyer, l’instituteur de
Saint-Front, a repris la plume pour écrire aux élus de la République
(maires, députés, sénateurs). La lettre a circulé sur le net et a été
amendée par certains de ses confrères. Dans la petite école de
Saint-Front qui fleure bon les expérimentations, ils sont deux
enseignants ce soir-là à en parler.
Lui, Sébastien, la trentaine passée, conseiller municipal dans sa
commune, ancien prof de boxe, huit ans de primaire et des cours en
lycée agricole derrière lui. Elle, Pascale Protzenko, la quarantaine,
vingt-sept ans de primaire et de maternelle derrière elle, aujourd’hui
à la tête d’une moyenne et d’une grande section à Chasseneuil.
Sébastien et Pascale ont la passion de leur métier. Ils ne sont pas
contre les réformes.Ils plaident pour une meilleure formation des
enfants. Défendent un rythme mieux adapté à leurs besoins.
N’acceptent pas la semaine de quatre jours et la surcharge des journées
pour les écoliers en difficulté par le biais des deux heures hebdo
flottantes. Ils s’indignent que «la France soit devenue le pays
européen où le nombre de jours d’école est le plus faible: 139 contre
188 en Finlande». Ils refusent le «démantèlement» des réseaux d’aides
spécialisées aux enfants en difficulté (Rased) et le retrait des postes
de l’Éducation nationale détachés dans les associations éducatives
(Fédération des Œuvres laïques, Pupilles de l’enseignement public...).
Ils redoutent «deux réformes en préparation»: celle des jardins d’éveil
qui pourraient se substituer aux maternelles et celle des
Établissements publics d’enseignement primaire (Epep) qui condamnerait
les petites écoles. «C’est une attaque en règle contre des choses qui
n’existent pas», corrige Jean-Yves Bessol, l’inspecteur d’académie.
«On veut faire
notre boulot correctement»
Mais de tout ça, il est question dans le courrier adressé aux élus
comme il en a été question tout au long de l’année. Le collectif,
constitué de 2.610 membres en France dont 73 en Charente, est aussi à
l’origine des nouvelles formes de contestation. Sur la Toile et sur le
terrain avec les nuits des écoles notamment.
Près de la moitié d’entre eux sont des militants de la pédagogie
Freinet. Très impliqués dans leur métier, ils dénoncent «les mensonges»
de leur ministre. «Se sentent déconsidérés» selon Pascale Protzenko.
Pour marquer leur résistance, ils disent ne pas appliquer les derniers
programmes en date qu’ils jugent «passéistes». «On continue de
travailler comme avant sur les bases du programme de 2002, réformé en
2007, qui met les enfants en situation de recherche. On ne passe pas
d’une position d’acteur à une position de receveur», argumente
Sébastien Goyer. «En maternelle, il est important qu’on les fasse
manipuler plutôt que de leur donner des fiches», appuie Pascale
Protzenko.
Ils savent aussi qu’ils ne sont pas les seuls à refuser les nouveaux
textes. Eux le revendiquent ouvertement. Devant les médias. Devant
l’administration qui les rappelle à l’ordre et à leur devoir de
réserve. «J’aimerais qu’on revienne à plus de modération. Je ne peux
pas entendre qu’on n’applique pas les programmes», commente Jean-Yves
Bessol.
Opposés aux deux heures supplémentaires réservées aux seuls élèves en
difficulté, ils adaptent cette aide personnalisée à leur manière.
Sébastien prend la moitié de la classe une quinzaine de mercredis par
an. Pascale propose des activités «ensemble ou par petits groupes à
géométrie variable».
«L’apprentissage se fait mieux en milieu hétérogène. Ce n’est pas en
isolant certains enfants qu’on avance», affirme l’institutrice.
Avancer, c’est leur souhait. «Ce qui est proposé aujourd’hui n’empêche
pas aux élèves d’avancer», tempère l’inspecteur d’académie.
Pas révolutionnaires, juste «désobéisseurs» comme le dit Sébastien ou
«évolueurs» comme préfère Pascale. Ils ouvrent la porte à ceux qui ne
vont pas vers les syndicats même s’ils reconnaissent qu’il faut une
représentation syndicale pour la négociation. «On veut faire notre
boulot correctement», répètent-ils comme ultime plaidoyer à leur combat.
12 mars 2009
Les enseignants plus résistants que jamais
SUD OUEST : ANGOULÊME. Les résistants pédagogiques ont manifesté hier
Les enseignants plus résistants que jamais
Une cinquantaine de personnes ont soutenu, hier, le mouvement de résistance. (photo isabelle LOUVIER)
« Ce soir, nous devrions être 50 enseignants à s'être déclarés résistants auprès de l'inspecteur d'académie. Nous sommes 2 200 au niveau national. »
Olivier Gibert, porte-parole de ce mouvement, a animé, hier après midi, la manifestation organisée devant l'inspection d'académie à Angoulême. Et a rappelé que ces enseignants, principalement du premier degré, refusaient d'appliquer les nouvelles directives « dont l'objectif est d'arriver, à terme, au démantèlement du service public de l'Éducation nationale comme c'est le cas dans le domaine de la santé ou de la justice. »
Les résistants appellent les parents, les élus, les syndicats, les associations à les rejoindre.
Les faits du jour en région Charente Libre
UNE QUARANTAINE D'ENSEIGNANTS MANIFESTENT LEUR RÉSISTANCE
12.03.2009
Ils étaient une quarantaine d'enseignants à manifester leur désobéissance au ministre de l'Education nationale et à ses réformes hier soir devant l'Inspection académique de la Charente à Angoulême (• photo Phil Messelet). Ils ont accroché leur banderole aux grilles de la cité administrative avant de remettre une nouvelle liste de plusieurs dizaines de résistants pédagogiques à l'inspecteur d'académie.
18 décembre 2008
Ces enseignants qui font de la Web-résistance
Ces enseignants qui font de la Web-résistance
La fronde contre la réforme menée par Xavier Darcos s'exprime sur le terrain -occupations d'établissements, refus d'appliquer le soutien scolaire, manifestations, grèves...- mais aussi sur le Web. Tour d'horizon.
La suite à lire sur le site de l'Express: http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ces-enseignants-qui-font-de-la-web-resistance_726892.html
17 décembre 2008
Hérault: 383 "lettres de résistance"
Hérault: 383 "lettres de résistance" remises à l'inspecteur d'académie
De 150 à 200 enseignants se sont rassemblés mercredi devant l'Inspection académique de l'Hérault à Montpellier tandis qu'une délégation y remettait 383 "lettres de résistance" contre les réformes dans l'Education nationale, a constaté un correspondant de l'AFP.
Les enseignants qui ont signé ces lettres expliquent qu'ils ne veulent pas appliquer les réformes en l'état, notamment en ce qui concerne l'aide personnalisée aux élèves.
Ils adressent aussi un ultimatum à l'inspecteur d'académie de l'Hérault pour qu'il lève, d'ici la rentrée de janvier, les sanctions financières et disciplinaires prises à l'encontre de Bastien Cazals.
Ce dernier, directeur d'une école maternelle à Saint-Jean-de-Védas (près de Montpellier), "entré en résistance" contre les réformes dans une lettre ouverte au président Sarkozy, a pris part à la manifestation organisée par les syndicats SNUipp-FSU, Sud, FO, SNE et CNT.
Si les sanctions n'étaient pas levées, les enseignants menacent de faire grève le 13 janvier dans tout le département. Ils en décideront en assemblée générale intersyndicale le 7 janvier.
"C'est une bonne réponse collective, je ne me sens plus seul. Cette action, c'est la meilleure façon de me défendre et de résister à la réforme à venir", a déclaré M. Cazals.
"Aujourd'hui, nous sommes tous des Bastien Cazals. Je viens d'apporter ma lettre, je refuse d'appliquer la réforme. Bastien Cazals n'est plus seul, s'ils le condamnent, ils doivent nous condamner tous", a souligné Benoit Guerrée, enseignant en école primaire à Béziers.
Selon Joël Vézinhet, secrétaire départemental FSU, "les sanctions prises contre Bastien Cazals ont eu un effet inverse à celui escompté car le nombre de lettres de résistance s'est multiplié ces derniers jours".
Parmi les manifestants figurait aussi Alain Refalo, enseignant de Colomiers (Haute-Garonne), l'un des premiers à être entré en résistance contre les réformes en novembre en appelant à la "désobéissance pédagogique" sur internet.
France Info : mercredi 17/12/08
Réformes Darcos : les enseignants entrent en résistance
France Info - 06:18
Le mouvement a été lancé sur plusieurs blogs. Ils seraient plusieurs centaines d’enseignants, principalement dans le primaire, à ne pas appliquer les nouvelles directives de Xavier Darcos, entrées en vigueur en septembre. Alors qu’une journée nationale d’action est organisée ce mercredi, reportage en Vendée, l’un des berceaux de la contestation…
A quelques kilomètres de La-Roche-sur-Yon et des Sables-d’Olonne, Aizenay (Vendée). Ses 7.400 habitants et quelque 500 enfants qui fréquentent le groupe scolaire Louis Buton, maternelle et primaire. La seule école publique de la ville. Avec ses 19 enseignants, tous entrés en résistance contre la réforme Darcos.
Car avant de reculer sur la refonte du lycée, le ministre de l’Education s’était attelé au lifting des plus petites classes : nouveaux programmes, fin de l’école le samedi matin, instauration des cours de mise à niveau pendant les vacances scolaires pour les enfants en difficulté, et deux heures de soutien hebdomadaire personnalisé.
Mais, bien qu’entrée en vigueur en septembre dernier, la réforme ne passe pas. Certains enseignants, comme les instits d’Aizenay, y voient une "déconstruction progressive et systématique des fondements" "privatisation rampante" de l’Education nationale. du système éducatif, et une
http://www.france-info.fr/spip.php?article226507&theme=81&sous_theme=184
11 décembre 2008
La Charente Libre du jeudi 11 décembre
QUAND LES ÉCOLES ENTRENT EN RÉSISTANCE
Les réformes de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, font des vagues. Des écoles se mobilisent et des professeurs entrent en résistance
11.12.2008
Frédéric BERG
A Soyaux mardi soir, huit écoles ont veillé pour des échanges entre profs, parents et élus •
Au départ c'était un chuchotement, puis une voix claire. C'est maintenant une polyphonie. L'école se réveille et mobilise. De plus en plus de profs, de parents, d'«amis» de l'éducation s'inquiètent des «menaces» qui pèsent selon eux sur l'école publique. Sur l'enseignement plus généralement. En Charente, une seule école, celle de Javrezac, avait allumé la lumière pour la première Nuit des écoles au mois de juin afin de dire «non» aux réformes engagées par Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale.
Cette fois, plus de cinquante écoles et quatre collèges organisent des moments de rencontre avec les parents, les élus et tous ceux que l'avenir de l'enseignement intéresse. Mardi soir à Soyaux, huit écoles ont ainsi joué les prolongations tard dans la nuit. A Aigre, une cinquantaine de personnes ont participé à un apéro-débat (lire en pages Ruffécois). Hier, une manifestation a réuni un bon millier de personnes à Angoulême: profs, parents, lycéens, auxiliaires de vie scolaire, etc. Demain, ce sont des dizaines d'écoles partout en Charente qui vont à leur tour «ouvrir le débat» autour de l'avenir de l'éducation (lire par ailleurs).
«ça fait froid dans le dos»
Ces «rendez-vous citoyens» permettent souvent des échanges assez riches avec d'un côté des professeurs visiblement très inquiets de ce que les «réformes Darcos» vont changer dans le quotidien des établissements scolaires et pour les élèves; de l'autre des parents souvent très surpris de ce qu'ils entendent. «Je découvre des choses incroyables et les médias n'ont pas beaucoup parlé de tout ça. Franchement, ça fait froid dans le dos», remarquait une maman mardi soir à Soyaux.
Dans les écoles transformées le temps d'un soir en forum, où les gâteaux secs et les mandarines côtoient une motte de grillon, les profs reconnaissent «innover, sortir des clous». Pour lancer la discussion, ils essayent de détailler les conséquences des réformes: «Création de jardins d'éveil à la charge des communes pour remplacer les maternelles, réduction du temps d'enseignement, suppression des aides spécialisées, les Rased, aux élèves en difficulté, postes supprimés, nouveaux programmes réducteurs et inadaptés, création des établissements publics d'enseignement primaire et menace des petites écoles, destruction des associations d'éducation populaire, fin des instituts de formation des maîtres, fin des BEP, dévalorisation du bac…»
A l'école Célestin-Freinet, une anecdote concrète: «Le voyage que les gamins ont fait l'an passé à Font-Romeu, c'est fini, plus de crédits.» Nadège, une enseignante de l'école maternelle voisine, enfonce le clou. «L'aspect familial des petites structures qui garantissait un suivi efficace, ça aussi c'est menacé, comme le principe de laïcité, d'égalité des chances…»
Ali, un parent d'élève, se fâche. «On paye des impôts pour être solidaires, pour que les mêmes chances soient offertes à tous. Pas pour que le gouvernement donne des milliards aux banques…» Il promet de rester mobilisé. Certains parents imaginent des blocages symboliques d'écoles, des manifestations…
Juste à côté, à l'école Edouard-Herriot, des mamans réunies devant un tableau noir écarquillent les yeux en écoutant la journée d'Enzo, gamin de CP en 2012, une fiction que la réalité pourrait rattraper. Un scénario anonyme très noir, devenu en quelques mois un texte étendard qui ramasse toutes les inquiétudes: des classes surchargées, des élèves oubliés ou carrément exclus, des méthodes de travail aberrantes, etc. «Une projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement», assurent les enseignants.
«La France d'en bas
abandonnée»
Fanta Diallo, élue PS d'opposition à Soyaux, a fait le tour des huit écoles «allumées» dans sa commune mardi soir. «Xavier Darcos a réussi à mobiliser tout le monde contre lui. J'ai l'impression que le gouvernement veut créer une élite et abandonner la France d'en bas, les enfants en difficulté. Ici ça ne passe pas.»
Nuit des écoles mais également désobéissance ou cybermobilisation, plusieurs enseignants de Charente entrent concrètement en résistance. Certains ont même posté une lettre à leur inspecteur hier pour dire qu'ils n'appliquent pas les nouveaux programmes (lire ci-dessous). Ces «pédagos-résistants» affichent leur conviction. «On veut une école publique de qualité pour tous. On ne veut pas la perturber mais au contraire la protéger contre les menaces qui pèsent sur elle. Les mesures gouvernementales désorganisent petit à petit l'école publique et la menacent dans ses fondements. On doit résister contre ce dynamitage.» Une résistance qui commence à faire du bruit.
Les faits du jour en région
ONZE PROFS DES ÉCOLES ONT DÉCIDÉ DE DÉSOBÉIR
11.12.2008
Ils sont onze pour l'instant: Bruno Landreaud, Olivier Gibert, Sandrine Dupin-Bosselli, Dominique Castel, Xavier Favre, Christelle Baron, Benoît Vary, Sébastien Goyer, Hélène Dumas, Martine Plainfossé, Pascale Protzenko. Onze professeurs des écoles de toute la Charente qui ont décidé d'«entrer en résistance pédagogique non clandestine». Hier, juste avant la manifestation d'Angoulême, ces «pédagos-résistants», comme ils se désignent, ont posté chacun une lettre à leur inspecteur (• photo Majid Bouzzit). Des lettres pour dire «qu'en conscience», ils ne veulent pas appliquer les nouveaux programmes, qu'ils refusent de participer à la destruction des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased)…
Olivier Gibert, porte-parole, résume leur message: «On se positionne en tant qu'enseignants en refusant d'appliquer les programmes 2008 qui sont un véritable retour en arrière. On ne mettra pas non plus en application les heures d'aide individualisée mais on fera autre chose dans nos classes à la place. On se positionne également en tant que parents en refusant la destruction de notre formation, la création d'un service de remplacement qui induit que n'importe qui peut faire la classe sans formation. Et puis on se positionne aussi en tant que citoyens parce que les réformes Darcos préparent une destruction programmée de l'école publique. Le risque c'est de ne plus permettre l'égalité d'accès à l'école pour tous.» Ils appellent en outre les parents à venir dans les écoles pour s'informer sur les réformes à venir.
Les faits du jour en région
LE CRI D'ALARME DES ACCOMPAGNANTS DE VIE SCOLAIRE
11.12.2008
«Qu'on arrête de faire du bricolage», disent les accompagnants de vie scolaire réunis au sein d'une association • photo S. C.
«On a acquis une expérience, développé des compétences, un savoir-faire auprès des enfants handicapés. Tout ça va être mis à la poubelle!» Ils sont une dizaine d'accompagnants de vie scolaire - EVS en contrat d'avenir ou AVS en contrat à durée déterminée - à exprimer leur colère et leur désarroi ce mercredi à Angoulême. Ils sont environ 180 dans le département de la Charente, comme eux, à être payés au Smic horaire, entre 740 et 820 euros par mois pour un vrai travail d'accompagnement des quelque 300 écoliers handicapés scolarisés en milieu normal. Ils les assistent dans les déplacements, les prises de notes, l'organisation, le suivi des cours. Ils se sont formés «sur le tas» pour une aide individualisée.
Attendus depuis longtemps par les parents, les accompagnants de vie scolaire sont devenus un rouage essentiel dans la prise en charge du handicap. «On nous demande de nous comporter comme des professionnels mais on ne nous considère pas comme des professionnels», déplorent-ils, en affichant leur ras-le-bol et leur inquiétude pour demain.
Ils savent que leur contrat, renouvelé généralement en décembre et en juin, n'excédera pas deux ans. Il leur faudra prévenir les enfants qu'ils suivent - deux ou trois en moyenne - et trouver un autre job. Ils ont le sentiment d'occuper une fonction sans avoir un vrai métier.
La preuve. «On arrive sur un cas sans connaître son problème. On est soumis au secret professionnel mais on ne peut pas avoir d'information du milieu médical qui pourrait nous aider parce qu'on n'appartient pas au milieu. On n'a pas de légitimité», témoignent-ils.
Constamment entre deux chaises, deux missions, les accompagnants de vie scolaire souhaitent «une reconnaissance», «un statut», «une formation de qualité». Ils réclament, en manifestant comme hier soir à Angoulême ou dans une pétition qu'ils s'apprêtent à adresser à l'Education nationale: «La fin de cette situation de précarité».
Ils peuvent témoigner les uns et les autres de leur engagement. L'un a appris le braille pour mieux accompagner une élève aveugle. L'autre s'est familiarisé avec une méthode spécifique aux enfants dyslexiques pour être plus performant. Ils sont heureux de faciliter l'intégration de ces enfants. Ils aimeraient aussi qu'on facilite la leur. Dans la vie active.
Sylviane CARIN
Pays Ruffécois
UNE CONFRONTATION INSTRUCTIVE SUR L'ÉCOLE À AIGRE
Cinquante personnes ont débattu des réformes de l'école dans un climat studieux. Prochain rendez-vous: Ruffec-Verteuil
11.12.2008
Thierry CORDEBŒUF
Une cinquantaine de personnes a participé à l'un des premiers débats sur l'école mardi soir à Aigre • photo T. C.
Pendant deux heures mardi soir à la salle des fêtes d'Aigre, près de cinquante personnes ont participé à un des premiers débats sur l'école organisés par les enseignants et les parents d'élèves (lire en page 3). Une quarantaine de rencontres sont prévues en Charente dont une à Ruffec mardi prochain (1). A Aigre, ce fut un débat bien ordonné et bien mené, au point d'oublier l'apéritif qui devait donner de la convivialité aux discussions. A peine le temps de se saluer et d'ajouter des tables pour loger tout le monde, et l'assistance entre dans le vif du sujet, laissant bouteilles et chips sur un coin de nappe.
Dans la grande salle aux murs roses accolée à la mairie, on compte un gros tiers d'enseignants, un petit tiers de parents et des élus dont le maire d'Aigre, Jean-Paul Ayrault, qui prend des notes, Philippe Combaud, son prédécesseur, ou encore les maires d'Oradour et de Fouqueure. Olivier Bourchemin, instituteur à l'école primaire d'Aigre, et Annette Bonnet, directrice de la maternelle, veillent au respect d'un ordre du jour qui balaye les réformes en gestation à l'Education nationale. «La grève ne nous satisfait pas plus que vous. On a imaginé ces débats pour exprimer notre désaccord et nos inquiétudes sans vous prendre en otage», précisera au cours de la soirée Lucile Barbotin, enseignante à Aigre elle aussi.
«Tout n'est pas négatif»
Si les enseignants présents contestent l'ensemble des mesures préconisées par le ministre Xavier Darcos, le débat à vraiment lieu ce mardi soir. Sur les enfants de 2 ans, par exemple, qui ne seront plus scolarisés: «Cela va pénaliser les familles modestes qui vont devoir payer. De plus, en milieu rural, il n'y a pas de structures suffisantes pour accueillir ces enfants», assure une institutrice. «L'école n'est pas faite pour arranger financièrement les parents; 2 ans, c'est trop jeune pour aller à l'école», rétorque une Aigrinoise. Une autre enseignante rebondit: «A terme, on supprimera toute la maternelle en vue d'une harmonisation européenne. En Angleterre, en Allemagne, en Italie, la maternelle n'existe pas.» Noëlle Longueville, directrice départementale de l'Education nationale, soupçonne le ministre de vouloir favoriser le secteur privé et appelle à «la mobilisation».
La suppression des réseaux d'aide spécialisés aux élèves en difficulté - les fameux Rased dont le rôle est expliqué avec clarté et conviction par Jean-Louis Jonquet en poste à Aigre et Villefagnan - est condamnée unanimement. En revanche, le débat rebondit sur les heures de soutien voulues par l'Etat. Les enseignants les fustigent, voyant dans cette mesure comme dans les autres une manière de mieux faire passer les suppressions de postes. Des parents défendent ce soutien: «Tout n'est pas négatif, c'est une mesure utile.» Le débat a lieu encore mais dans le calme, avec de vrais échanges.
«Vécue comme une violence»
La création annoncée d'établissements publics d'enseignement, des structures regroupant une quinzaine de classes, inquiète encore. «Comment cela se passera en milieu rural avec un directeur itinérant?», interroge Brigitte Bouin, institutrice, qui craint «la disparition des écoles de proximité». Des participants interpellent les enseignants sur leur refus «systématique» de toute réforme. «On est conscients que l'école doit progresser mais ces mesures sont prises sans concertation», justifie l'animateur. «On précipite les choses. La réforme des lycées est aussi vécue comme une violence et échouera car elle est imposée», prédit le principal du collège d'Aigre, un établissement préoccupé par son avenir. Le débat aborde aussi la fin programmée des détachements: «C'est la mort annoncée des classes de découvertes et de nombreuses associations», prévient Olivier Bourchemin. Finalement, l'apéritif a lieu, à 20h30, après deux heures intenses d'échanges instructifs. Pour les uns comme pour les autres.
(1) Apéro-débat mardi 16 décembre à 18h à la maternelle de Ruffec organisé par les enseignants des écoles de Ruffec et Verteuil.
17 mai 2008
Article de la Charente Libre : jeudi 15 mai
Jeudi 15 mai, jour de la grève:
article paru dans la Charente Libre qui a mis notre action à la Une.
Article payant : http://www.charentelibre.com/abonne.html?id_sequence=11&id_article=216629
À quelques approximations près, il respecte l'idée qui est de concevoir un mode d'action alternatif, à côté des classiques manifestations et jours de grève.
Je précise que je n'étais pas dans la rue jeudi car nous étions à l'ïle d'Oléron avec les enfants, les pieds et les mains dans la vase.
D'ailleurs, je conseille vivement, à tous ceux qui le peuvent, le centre des PEP de Dolus.
Je tiens à préciser aussi, que le SNUIPP Charente soutien cette action, et que je reste solidaire avec cette organisation en particulier, et avec le mouvement syndical en général.
Nous devons multiplier les angles d'attaque.
Ce blog montre clairement que la grande majorité des enseignants du primaire est opposée à cette réforme des programmes.
La synthèses nationale le montre également mais le ministre persiste à dire le contraire.
Que faire maintenant?
Je propose de nous lancer dans une campagne d'information auprès des familles.
Nous pourrions inviter à venir lire ce blog ceux qui en ont les moyens.
Nous pourrions offrir aux autres la possibilité de le faire à partir de nos salles informatiques.
Nous pourrions utiliser un des mercredi de solidarité pour les informer de notre position.
Nous pourrions leur distribuer nos synthèses papier...
Nous pourrions réfléchir ensemble en utilisant ce blog pour communiquer...
Je propose donc à ceux qui le souhaitent, la possibilité de devenir administrateur du blog.
Il vous suffit de me demander (à chris.pichon@wanadoo.fr) l'identifiant et le mot de passe.
Abes
06 mai 2008
Un article sur Rue 89
adresse de la page : http://rue89.com/2008/05/06/un-prof-internaute-a-planche-sur-les-programmes-de-darcos
sinon utiliser le lien en colonne.
Un article à partir d'un entretien avec la journaliste Chloé Le prince
Abes
01 avril 2008
Abandon des nouveaux programmes
Devant la fronde des enseignants sur Internet, Xavier Darcos renonce, ce jour, à son projet de Nouveaux Programmes pour 2008, et annonce le retour du Samedi matin travaillé.
Le jeudi redevient jour chômé pour les élèves, et le mercredi sera consacré aux enfants en difficulté.
Les stages prévus pendant les vacances de Printemps sont annulés, mais les enseignants qui s'étaient portés volontaires seront toutefois payés.
Enfin, Claude Allègre et Jean-Paul Brighelli sont nommés conseiller d'éducation auprès de l'Elysée.
