Écoles de Charente16: programmes 2008

Un blog entièrement consacré aux nouveaux programmes de l'école primaire. Envoyez vos synthèses à chris.pichon@wanadoo.fr; qui les mettra en ligne.

30 avril 2008

Écoles d'Agris et de la Rochette

A la lecture du projet de nouveaux programmes, les enseignants des écoles d’Agris et de La  Rochette sont inquiets de l’orientation proposée, dans la forme et le détail des progressions,  mais surtout dans le fond et l’esprit.    Il apparait que, plus que des indications techniques, c’est le rôle des enseignants dans leurs  classes qui est redéfini.  L’enseignant est posé ipso facto et quasi exclusivement comme un distributeur de savoirs et  de connaissances, et non plus comme un médiateur favorisant la recherche, le questionnement, les échanges.   Ainsi, il n’est que très peu fait appel aux termes de réflexion, de découverte, de manipulation, d’interdisciplinarité, de sens. On ne parle en aucun cas d’apprentissage mutuel. Les  relations dans la classe sont toujours verticales (maitre/élève), jamais horizontales (élève/ élève).  Les verbes qui reviennent le plus souvent (apprendre, dans le sens de mémoriser, écouter,  utiliser, maitriser, appliquer) renforcent le côté réducteur de l’enseignement.    Dans la forme, la volonté de proposer des programmes plus courts, plus clairs et plus ambitieux dissimule en réalité des programmes plus lourds et en partie inadaptés aux élèves.  Ces nouveaux programmes, dans plusieurs de leurs propositions, vont à l’encontre de toutes  les connaissances sur le développement de l’enfant, sur les progrès de la pédagogie.  La formulation plus resserrée de ces nouveaux programmes met de côté toute la réflexion  sur les façons de travailler des maitres et des élèves. Fi de la réflexion, de la recherche, du  questionnement ; les enseignants sont là pour mettre en œuvre, pour appliquer.    L’individualisation des approches (sous-jacente dans le document), aussi bien au niveau des  élèves que des enseignants, pose le problème de la cohésion et du chacun pour soi (absence  de transversalité, de notions de groupes, d’équipes, de mise en commun).  La disparition de fait des cycles annihile la souplesse nécessaire aux apprentissages et au  développement, et hypothèque le suivi de l’élève sur l’ensemble de sa scolarité.  Le sens de l’évaluation est dévoyé. Elle n’est plus un outil propre à chaque classe pour repérer les difficultés et les réussites, mais un moyen de comparer les écoles, les enseignants,  les élèves, sans prendre en compte les aspects socio-culturels, affectifs, psycho-cognitifs.    La priorité est donnée à l’apprentissage de techniques, à la répétition, à la mémoire. L’élève  doit savoir écouter pour comprendre (pensée magique ? ). Nulle place aux savoir-faire, aux  savoir-être.  Ce n’est plus le sujet (l’élève) qui est au centre, mais l’objet (la connaissance). L’enfant se  résumerait-il à un cerveau à remplir ? Qu’en est-il du développement de la personnalité, de  l’épanouissement, du plaisir ?    Au delà de l’aspect technique de ces nouveaux programmes, ce sont des questions essentielles touchant à la société et à la démocratie qui sont posées.  Quel est le rôle dévolu à l’école ?  Quelles valeurs l’école doit-elle promouvoir ?  Qu’est-ce qu’être citoyen?

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